La Commission Européenne demande un avis scientifique sur la présence de bisphénol A dans les vêtements

En avril, la présence de bisphénol A a été détectée dans des chaussettes pour enfant. Cette étude est la première à avoir examiné et montré la présence de bisphénols A dans des échantillons de vêtements commercialisés en Europe. En 2017 et 2018, du bisphénol A avait également été détecté dans des vêtements non commercialisés en Europe (à savoir dans des collants, vêtements qui peuvent être portés par les femmes enceintes, ainsi que dans des chaussettes pour enfant). Cette étude portant sur des échantillons de vêtements commercialisés en Espagne avait montré la présence de bisphénol A dans 90,6% d’entre eux, pour des concentrations allant de moins de 0,70 à 3736 ng/g.

Pour la Commission Européenne, la présence de cette substance chimique dans les vêtements pour enfant est tout particulièrement préoccupante en raison du contact prolongé des vêtements avec la peau. De plus, il existe pour les enfants un risque que les vêtements soient portés à la bouche, et que l’exposition au bisphénol A puisse ainsi également se faire par voie orale en plus de la voie cutanée.

Etant donné qu’il n’existe actuellement pas de réglementation sur les concentrations en bisphénol A dans les vêtements pour enfant, il est selon la Commission Européenne essentiel d’évaluer les risques associés à la présence de cette substance chimique, et les besoins de mise en place d’une législation appropriée.

La Commission Européenne demande ainsi à ce que :
-les données disponibles sur la présence de bisphénol A dans les vêtements soient examinées;
-de déterminer le seuil à partir duquel l’exposition au bisphénol A par les vêtements représente des risques concrets pour la santé;
-d’évaluer la vulnérabilité des femmes enceintes et des enfants à cette exposition au bisphénol A par les vêtements, et de déterminer les concentrations acceptables dans les vêtements qui leur sont destinés afin de limiter les risques pour leur santé.

La Commission escompte un avis final sur ce sujet d’ici l’été 2020.

Retrouvez le texte intégral ici.

Une étude démontre que les particules présentes dans l’air peuvent passer à travers le placenta

Le passage des particules à travers le placenta était suspecté depuis déjà plusieurs années, mais jusqu’à présent aucune étude n’avait démontré le phénomène en contexte réel. Cette étude a permis de mettre en valeur la présence de carbone suie, un polluant de l’air, dans le placenta humain. Ce polluant a été détecté dans le placenta de toutes les femmes ayant fait l’objet de l’étude, y compris chez celles faiblement exposées. De plus, la teneur en carbone suie dans le placenta a été positivement associée à l’exposition de la mère au cours de la grossesse : plus cette exposition est importante, plus les concentrations de carbone suie présentes dans le placenta sont élevées. Cette étude a mis en valeur la présence de particules de carbone suie du côté du fœtus, et démontre ainsi qu’il existe un transfert des particules à travers le placenta. Cette étude démontre ainsi que le placenta ne protège pas le fœtus des particules, et que l’exposition à la pollution de l’air est très précoce. Ceci explique que les problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique puissent se développer très tôt dans la vie.

Retrouvez l’étude (en anglais) en cliquant ici. L’article est téléchargeable gratuitement.

Références : BOVE H., BONGAERTS E., SLENDERS E. et al. Ambient black carbon particles reach fetal side of human placenta. Nature Communications, 2019, vol. 10, 7 p.

Mise en ligne du site « Agir pour bébé »

Santé Publique France, agence nationale de santé publique, a pour mission d’améliorer et de protéger la santé des populations. C’est dans ce cadre que l’agence vient de mettre en ligne son site internet Agir pour bébé.  Ce site institutionnel donne des clés aux futurs et jeunes parents, pour créer un environnement favorable au développement de bébé, avec des conseils pratiques et informations scientifiquement validées. Il s’adresse aux futurs parents (la future mère et le futur père ou le/la co-parent(e)) ainsi qu’aux parents de nouveau-nés de moins de 4 mois. Il s’adressera à une cible plus large dans une prochaine version (parents d’enfants de 0 à 2 ans). L’objectif du site Agir pour bébé est d’informer les futurs parents et parents de nouveau-nés sur l’influence pendant la grossesse et la petite enfance des environnements (chimiques, physiques, sociaux, affectifs etc.) sur leur santé et celle de leur enfant.