Le liniment pour la toilette du siège, est-ce une bonne idée ?

Dans la pharmacopée, le liniment calcaire est défini comme une préparation composée de 50% d’une solution d’hydroxyde de calcium (eau de chaux) et de 50% d’huile d’olive vierge. La fonction de l’hydroxyde de calcium est d’être un agent neutralisant et celle de l’huile d’olive d’être un adoucissant. Le liniment calcaire est destiné à un usage dermatologique émollient et protecteur.

Produit simple et peu couteux, il a été largement plébiscité ces dernières années ? conduisant à des mésusages. On fait donc le point sur le liniment.

Un produit sans tensioactif

Ce n’est pas un produit détergent car il ne contient pas de tensioactif. S’il est utilisé à la place d’un nettoyant, il peut favoriser la prolifération de levures[1]. Le « nettoyage » réalisé quand on utilise du liniment n’est pas dû au produit mais à l’action mécanique du coton sur les fesses de l’enfant. Il ne peut donc pas se substituer à un nettoyage avec un savon doux.

Cependant, c’est un produit intéressant pour des changes occasionnels, notamment souillé d’urine. En effet, le côté pratique du liniment rend son usage aisé en dehors du domicile. De plus, le pH alcalin de l’eau de chaux va venir neutraliser l’acidité de l’urine et le pouvoir filmogène de l’huile d’olive protégera la peau en l’isolant de l’urine et des selles. Dernier argument, il n’est pas irritant contrairement à bon nombre de lingettes jetables.

Un produit sans rinçage

Applications fréquentes, sur une grande surface de peau et dans une zone humide et sous occlusion, il convient d’être particulièrement vigilant aux cosmétiques appliqués sur le siège de bébé. Or le liniment est un produit sans rinçage. Ainsi son temps de contact avec l’épiderme est plus important qu’un produit rincé, facilitant le passage de ses composants à travers la barrière cutanée. C’est une des raisons pour lesquelles, il est recommandé d’utiliser plutôt de l’eau claire et éventuellement un savon surgras sur cette zone.

En effet, même si initialement le liniment ne se compose que de deux ingrédients, il n’est pas rare de rencontrer des liniments contenant pas moins de 10 ingrédients. De plus, souvent conditionné dans des flacons en plastique, le caractère gras du liniment (50% d’huile d’olive) pourrait favoriser la migration de contaminants du contenant vers le contenu.

Utiliser uniquement sur la zone du siège

Le liniment peut provoquer de l’acné s’il est appliqué sur le visage et des folliculites si on l’utilise sur le corps. En effet, l’huile d’olive qui le compose est comédogène[2].

Utiliser uniquement sur une peau saine

Dès lors que l’enfant présente un érythème fessier, il faut cesser d’y appliquer du liniment. On se contentera alors d’eau clair en prenant soin de bien sécher et de tenter de laisser au maximum les fesses de bébé à l’air.

Une préparation qui se déphase

Le faire soi-même semble a priori une bonne idée pour s’assurer d’une composition correcte. Or le mélange eau de chaux et huile d’olive a tendance à se déphaser naturellement et c’est l’eau de chaux qui se présente alors en premier. Or celle-ci a des propriétés corrosives. Le risque est de provoquer des brûlures cutanées[3]. Il est donc préférable d’opter pour un liniment stabilisé prêt à l’emploi.

Conseils :

  • Privilégier pour la toilette du siège l’eau claire + / – le savon surgras (en cas de selles),
  • Bien sécher les fesses de bébé et changer régulièrement ses couches pour prévenir l’apparition d’érythème fessier,
  • Utiliser le liniment occasionnellement sur le siège, notamment quand il n’y a pas d’accès à l’eau,
  • Choisir un liniment oléo-calcaire prêt à l’emploi, stabilisé, avec une liste courte d’ingrédients et si possible labellisé.

[1] Korsaga-Somé N, Maruani A, Nadal M, Dannepond C, Le Bidre E. Acné et folliculites du nourrisson liées à un mésusage du liniment oléo-calcaire. 2015

[2] Korsaga-Somé N, Maruani A, Nadal M, Dannepond C, Le Bidre E. Acné et folliculites du nourrisson liées à un mésusage du liniment oléo-calcaire. 2015

[3] AFFSAPS  – Bulletin des vigilances n°42 – Décembre 2010

Publié le 03.08.2021

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J’ai lu que le fait de faire cuire les fruits et les légumes enlevait une grande partie des résidus de pesticides. Est-ce vrai ?

Les pesticides sont des substances chimiques dont la terminaison en « cide » indique qu’ils ont pour fonction de tuer des êtres vivants. Ce sont donc des produits toxiques pour leur cible à savoir les champignons pour les fongicides, les insectes pour les insecticides, les herbes pour les herbicides etc… Mais malheureusement ils présentent également un risque toxique pour certains organismes qu’ils ne ciblent pas et notamment pour l’homme comme le montrent de nombreuses études en particulier chez les agriculteurs qui constituent la population la plus exposée.

La cohorte Pelagie a mis en lumière par exemple un accroissement du risque de troubles congénitaux (fentes orales et hypospadias) chez des nouveau-nés de mères travaillant en milieu agricole, horticole, dans les serres ou en médecine vétérinaire (Chevrier C et al ; 200).

Les mêmes observations ont été faites à Montpellier dans un échantillon de 1442 nouveau-nés issus de familles d’agriculteurs.  Les anomalies concernaient cette fois-ci des hypospadias, des cryptorchidies et des micropénis (Gaspari L et al ; 2011).

Toutes ces observations ont étés constatées chez des femmes exposées aux pesticides de par leur activité professionnelle et donc pour une exposition importante mais qu’en est-il pour une exposition minime chronique par l’alimentation en population générale ?

Très récemment l’EFSA a réalisé deux études visant à évaluer les risques de l’exposition chronique aux résidus de pesticides par l’alimentation, d’une part pour le fonctionnement du système nerveux, et d’autre part pour les fonctions thyroïdiennes.

D’après les résultats de ces études l’EFSA indique que le risque pour le consommateur d’une exposition cumulée par l’alimentation est inférieur au seuil qui requiert une action réglementaire et ce pour tous les groupes de populations couverts (de l’enfant en bas-âge à l’adulte).

Malgré ces derniers résultats très rassurants, au vu de la fragilité de notre public cible et au vu des impacts sanitaires préoccupants que nous avons cités plus haut il semble primordial d’appliquer le principe de précaution et donc de limiter au maximum l’exposition des femmes enceintes et des très jeunes enfants aux résidus de pesticides par la voie alimentaire.

Mais alors comment s’y prendre ?

Tout d’abord et c’est maintenant bien connu du grand public en lavant, frottant et épluchant les fruits et légumes.

Et les modes de cuisson alors ? Ont-ils tous la même efficacité sur les résidus de pesticides ?

Une revue de la littérature belge parue en 2009 concluait que dans la majorité des cas cuire les fruits et légumes réduisait les résidus de pesticides. (Keikhotlhaile BM et al, 2009).

Si l’on regarde les choses d’un peu plus près il semblerait que la diminution des résidus de pesticides soit dépendante de plusieurs paramètres :

–          la localisation physique des résidus de pesticides

–          leurs propriétés physico-chimiques telles que leur solubilité ou leur volatilité

–          leurs caractère hydrophile ou lipophile

–          leurs dégradation thermique.

C’est ainsi par exemple qu’une étude sino-américaine de 2015 (Huan Z et al ;2015) a montré que le blanchiment (le fait de faire cuire à 100 degrés pendant 1 minutes puis à 10 degrés pendant 1 minute) réduisait les résidus de pesticides hydrophiles mais qu’à l’inverse cela pouvait entrainer une concentration des résidus de pesticides lipophiles notamment lorsque l’on utilisait un système de cuisson ouvert.

Une étude Polonaise en 2018 a montré également une concentration des résidus de pesticides lipophiles après ébouillantage dans un système de cuisson ouvert sur les fraises et les cassis. (Jankowska M. et al ; 2018)

En conclusion on peut être rassurant : les résidus de pesticides dans leurs grandes majorités diminuent la plupart du temps lors de la cuisson.

Si l’on souhaite aller plus loin on peut également recommander d’utiliser des systèmes de cuisson fermés lorsque l’on fait mijoter afin d’être certain de ne pas risquer de concentrer certains résidus de pesticides.

 

Publié le 29.07.2021

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Je suis enceinte et je souhaite me colorer les cheveux. Est-ce une bonne idée ?

Il existe deux familles de teintures capillaires. La première, la coloration chimique, utilise une base, souvent l’ammoniaque, qui ouvre les écailles du cheveu pour y faire pénétrer les pigments synthétiques. La couleur rentre dans la fibre capillaire et la colore pour longtemps mais en l’abîmant. En revanche, la coloration végétale ne rentre pas dans le cheveu mais l’enveloppe et le gaine. Elle est moins agressive.

La coloration chimique utilise de nombreux ingrédients synthétiques qui peuvent entraîner des irritations du cuir chevelu et des problèmes d’allergies (paraphénylène diamine ou PPD, p-aminophénol, thiazolinones…), des brûlures cutanées ou encore des dérèglements hormonaux dus aux perturbateurs endocriniens (résorcinol) qui entrent dans leurs compositions. Cette technique est bien évidemment à éviter ; que l’on soit enceinte ou non.

Les colorations végétales étant constituées de poudres de plantes, elles sont plus saines. Leur action est certes temporaire, mais plus douce pour les cheveux. Différentes plantes peuvent être utilisées : le henné (Lawsonia inermis), l’indigo (Indigofera Tinctoria), le brou de noix (Juglans regia), la camomille (Matricaria recutita), la garance (Rubia Tinctorum)… Les extraits végétaux (racines, fleurs, feuilles et parfois écorce) sont séchés puis broyés finement pour obtenir une poudre, que l’on mélangera à de l’eau. Cette pâte est ensuite appliquée consciencieusement sur l’ensemble de la chevelure et nécessite un temps de pause d’environ 1h30-3h00. Le rinçage se fait à l’eau et est suivi d’un shampoing doux. Une couleur au henné s’estompe naturellement en deux à trois mois. Conseil : 48h avant l’application faites un test d’allergie dans le creux du coude pour vérifier votre tolérance à la teinture végétale choisie.

Mais attention, même avec une coloration végétale il faut être vigilant sur la composition et s’assurer de la « pureté » du produit. Le terme « végétal » n’est pas encadré. Certaines marquent jouent sur la confusion et leurs produits peuvent contenir les substances toxiques mentionnées plus haut. Pour vous aider, recherchez bien sur les emballages la présence des labels officiels : Ecocert, Cosmébio, BDIH…

 

FOCUS : vous êtes enceinte et travaillez dans un salon coiffure ? N’hésitez pas à en parler à la médecine du travail car vous pouvez bénéficier de certains aménagements de votre poste. Plus d’infos : https://www.inrs.fr/metiers/commerce-service/coiffure/coiffure-solutions

 

Publié le 29.07.2021

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J’ai entendu dire qu’il fallait laver les vêtements neufs avant de les porter, pourquoi ?

Chaque année, un Français achète en moyenne 9 kg de vêtements. Ce chiffre est croissant car les enseignes de « fast fashion proposent jusqu’à une vingtaine de collections différentes par an selon les marques. Les prix sont attractifs mais la qualité n’est pas au rendez-vous. Les conditions sociales et environnementales de fabrication sont souvent catastrophiques. La mode pour les plus petits n’est pas épargnée.

Cette industrie est l’une des plus polluantes au monde. Coton, lin, fibres alternatives… leurs cultures sont très gourmandes en eau, engrais et pesticides. Le polyester, une sorte de fil plastique, est fabriqué à partir de combustibles fossiles et non biodégradables. Lors du lavage en machine, des microparticules plastiques sont relarguées dans les milieux aquatiques.

Pour colorer les vêtements, plus de 1 900 produits chimiques sont utilisés par l’industrie de la mode (filature, tissage, teinture, brillance…) dont 165 classés par l’Union européenne comme dangereux pour la santé ou l’environnement. Dans les pays en développement où sont fabriqués bon nombre des vêtements occidentaux, la législation est souvent mal appliquée ou absente et les eaux usées sont rejetées sans filtre vers les cours d’eau naturels.

Parfois les industriels incorporent dans les tissus des traitement spécifiques pour leur conférer des propriétés anti-bactériennes, anti-odeurs, infroissables… Il s’agit de substances problématiques comme par exemple des nanoparticules d’argent ou des perfluorés.

Comble de tout cela, plus de 30 % de nos vêtements ne sont pas portés depuis au moins un an. Quand on s’en débarrasse plus de la moitié ne sont pas recyclés et finissent en déchets.

Voici quelques conseils pour faire attention à sa santé et à la planète :
– Se questionner avant d’acheter : simple envie ou réel besoin ?
– Impératif : toujours laver les vêtements neufs avant de les porter ;
– Évitez les motifs et imprimés en plastique : ils peuvent contenir des phtalates ;
– Faites attention aux allégations anti-bactériennes, anti-odeurs, infroissables ;
– Pour les plus petits privilégiez le coton, bio de préférence ;
– Pensez aux vêtements d’occasion car les substances néfastes seront beaucoup moins présentes que dans des habits neufs.
– Recherchez certains labels, notamment pour les habits en contact direct avec la peau (bodys, sous-vêtements, collants…) : comme Oeko-Tex®, Nordic Ecolabel®, ou encore Ecolabel Européen.

 

Mis en ligne le 29.07.2021

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Les microplastiques : qu’est ce que c’est ?

Les microplastiques (MP) sont des plastiques dont la taille est comprise entre 5 millimètres et quelques centaines de nanomètres, soit 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu. Comme beaucoup de polluants ils sont ubiquitaires. Ils sont retrouvés partout dans l’environnement : l’air, les habitations, les cours d’eau, les sols mais aussi les océans. L’ensemble des espèces vivantes, des plus petites comme le zooplancton, aux plus grandes comme les baleines, peuvent les ingérer. (Anses, 2020)

On les retrouve donc dans l’environnement, mais d’où viennent-ils ?

  • Microplastiques primaires : c’est-à-dire vendus comme tels => microbilles de plastiques Ex : exfoliants pour les cosmétiques. Ces MP primaires représentent 15 % à 30 % des MP retrouvés dans l’environnement.
  • Produits issus de la dégradation des microplastiques : UV, vagues, abrasion, frottements… 70 % des MP retrouvés dans l’environnement. Problématique amplifiée car la dégradation est continue jusqu’au nanoplastique.

Ils se retrouvent dans la nature, mais sommes-nous exposé.e.s ?

Oui, selon une méta-analyse effectuée par WWF nous ingérerions 5g de microplastiques par semaine, l’équivalent d’une carte de crédit. L’eau potable, les fruits de mer, la bière et le sel représentent les sources principales d’exposition.

Il semblerait que nous ne fassions pas que de manger les microplastiques, selon la même méta-analyse, nous respirons aussi ces microplastiques.

(Pour l’exposition des femmes enceintes voir : http://www.projetfees.fr/presence-de-microplastiques-dans-des-placentas-de-femmes-enceintes/)

Qu’en est-il des nourrissons ?

La source d’exposition majeure pour les bébés sont les biberons en plastique. Il est donc possible de limiter l’exposition. En effet les microplastiques se libèrent proportionnellement à la température à laquelle on chauffe le plastique (de la même manière que les additifs des plastiques, type phtalates).

Que nous conseillez-vous de faire ?

Si possible utiliser des biberons en verre ou en inox (voir aussi : http://www.projetfees.fr/que-penser-des-biberons-en-inox/)

Si vous optez pour les biberons en plastique (anti-collique, etc… ) :

  • Rincez les biberons trois fois à l’eau stérilisée froide après stérilisation lors de la première utilisation.
  • Chauffez la préparation dans un récipient en verre puis versez la dans le biberon en plastique.
  • Ne secouez pas le biberon (sous l’effet mécanique des microplastiques se libèrent).

Quels effets sur la santé de l’ingestion de microplastiques?

En l’état actuel, aucune étude n’a encore pu montrer avec certitude un effet sur la santé humaine de cette ingestion prouvée de microplastiques.

Mais l’exposition aux plastiques, à leurs additifs notamment, entraînent des problèmes de santé prouvés (Ex : BPA, voire BPS, phtalates etc…) => rester sur les recommandations habituelles : ne pas faire chauffer d’aliments solides / liquides dans du plastique. Préférer le verre ou l’inox. Attention aux fausses bonnes solutions comme la fibre de bambou, mélamine etc…

Publié le 16/03/2021

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J’entends de plus en plus parler de bioplastique, mais qu’est-ce que c’est ? Sont-ils issus de l’agriculture biologique ?

Définition :

Terme généralement utilisé pour désigner deux types de plastiques. Les plastiques biosourcés et les plastiques biodégradables. Certains bioplastiques combinent les deux propriétés. (https://www.bioplasticseurope.eu)

  • Plastique biosourcé : Matériel ou produit, entièrement ou partiellement dérivé de la biomasse. La biomasse est de la matière organique issue de la biologie. Cela peut être des plantes, arbres, algues, des organismes marins, des micro-organismes, des animaux, etc. Le plastique biosourcé peut aussi être dérivé de déchets organiques. Ils ne sont pas forcément biodégradables.
  • Plastique biodégradable : Cela signifie qu’il peut se transformer en substance naturelle, telles qu’en eau, en CO2 sous l’action d’organismes vivants. Dans la plupart des cas la dégradation se fait par des micro-organismes. La biodégradation dépend fortement de la condition, pour ces micro-organismes, du sol et de l’eau et de la structure moléculaire du plastique.
  • Bioplastique ne veut pas dire qu’il est issu de l’agriculture biologique.

Pour quel usage les bioplastiques sont-ils utilisés ?

Le packaging (emballages, sachets, etc.) ; l’agriculture et l’horticulture ; les produits ménagers ; les jouets ; les applications médicales ; les appareils électroniques ; l’automobile, …

Le bioplastique ne représente qu’un pourcent des 359 millions de tonnes de plastique produites chaque année.

En conclusion :

Les bioplastiques sont une technologie en cours de développement, peu répandus pour le moment, dont l’effet sur la santé n’est pas étudié. Ils ne sont pas issus de l’agriculture biologique. Ils sont développés à des fins écologiques.

 

Publié le 12/03/2021

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Puis-je utiliser des cosmétiques contenant des huiles essentielles pendant ma grossesse ou chez le nourrisson ?

L’intérêt des cosmétiques labellisés bio est qu’ils limitent l’utilisation de substances problématiques dans leur composition, cependant, ils sont souvent formulés avec les huiles essentielles. Or, ces dernières sont contre-indiquées pendant la grossesse et chez l’enfant jusqu’à l’âge de 3 ans minimum. En effet, certaines huiles essentielles sont connues pour leur caractère neurotoxique, abortif, hépatotoxique ou encore hormone-like.

Les huiles essentielles sont utilisées en cosmétique pour 2 usages principaux :

  • Parfums
  • Substance conservatrice et antioxydante, purifiante, apaisante…

La réglementation sur les huiles essentielles se fait par type d’usage, ce qui peut entraîner parfois des contradictions entre les différentes réglementations (par exemple, l’huile essentielle de thym est classée comme « corrosive » dans le CLP – réglementation des produits chimiques – mais autorisée dans la réglementation cosmétique).

La réglementation cosmétiques n’impose pas de doses maximum pour l’utilisation des huiles essentielles dans les cosmétiques, cependant elle s’appuie sur la bibliographique scientifique et en toxicologie qui étudient l’utilisation d’huiles essentielles pures (et non diluées comme elles peuvent l’être dans les cosmétiques).

Bien qu’il n’y ait pas d’interdiction absolue de telle ou telles huiles essentielles, le fabriquant doit respecter certaines règles :

  • L’interdiction ou la restriction de substances jugées problématiques (pouvant être présentes dans certaines huiles essentielles)
  • Étiqueter les allergènes sur la liste INCI

En effet, les fabricants n’ont pas l’obligation de faire apparaître le nom de l’huile essentielle ou de la substance entrant dans la composition du parfum. Le fabricant doit juste faire mention sur la liste INCI du terme « Parfums » ou « Aroma » ainsi que des allergènes associés. Par contre, si l’huile essentielle est utilisée pour une autre fonction, elle doit être mentionnée sur l’étiquetage.

En parallèle, l’ANSM donne des recommandations sur l’utilisation de certaines substances chimiques. Par exemple : le camphre ou l’eucalyptol/menthol sont interdits dans les cosmétiques destinés aux enfants de moins de 3 ans.

Concernant le passage trans-cutané des huiles essentielles, cela dépend de plusieurs facteurs :

  • L’utilisation pure ou diluée
  • L’épaisseur du derme
  • Les caractéristiques physico-chimiques des molécules
  • Le poids moléculaire des substances aromatiques : plus ce poids est faible, plus la pénétration est importante
  • La température
  • La circulation cutanée : la vasodilatation augmente la pénétration
  • Une peau lésée
  • L’hydratation de la peau
  • L’âge : les jeunes enfants, les personnes âgées vont avoir une meilleure pénétration trans-cutanée

De manière générale, les études qui se sont penchées sur l’absorption des composés aromatiques par voie cutanée montrent qu’elle dépasse rarement 10% de la dose administrée. Or, les huiles essentielles étant relativement chères pour les fabricants de produits cosmétiques, on peut penser que la concentration utilisée dans le produit reste assez minime.

Les toxicités cutanées constatées sont essentiellement irritatives, allergiques ou liées à une exposition au soleil suite à l’utilisation de produits contenant des huiles essentielles.  Les atteintes des organes liées à l’exposition à une ou plusieurs huiles essentielles sont assez rares et sont liées à des cas d’empoisonnement accidentel aux huiles essentielles  en milieu domestique (utilisation d’huiles essentielles pures, sur une longue période, non-respect des posologie et du dosage).

Pour conclure :

  • On peut être assez rassurant sur l’utilisation de produits cosmétiques contenant des huiles essentielles chez la femme enceinte, allaitante et chez le nourrisson. Pour autant, il semble nécessaire de rappeler qu’il n’est pas conseillé de faire ses propres produits cosmétiques avec des huiles essentielles ou d’utiliser des huiles essentielles pures durant cette période, à moins d’être accompagné par un professionnel de santé formé en aromathérapie.
  • On peut orienter les femmes enceintes et les jeunes parents vers des produits peu parfumés voir formulés sans parfum afin de réduire le risque d’allergies. L’allégation « sans parfum » engage le fabricant à ce qu’il n’y ait aucune substance parfumante présente dans le produit fini, quelle que soit l’utilisation de cette substance.

Mise en ligne en août 2020

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Tabagisme Ultra-Passif: Respirer c’est déjà fumer

S’il est bien connu que respirer la fumée de cigarette c’est être soumis à un tabagisme passif, moins d’un tiers de la population est consciente que même en absence de fumée et de fumeur, nul n’est à l’abri du tabac1. En effet, la fumée du tabac, et les milliers de substances qui la composent, vont se déposer et s’accumuler sur les tissus et autres supports dans les maisons, les voitures, les vêtements, sur la peau, les cheveux et encore bien d’autres substrats. Ces différents supports deviennent alors de véritables réserves, capable de réémettre ces substances même après deux mois sans exposition à une nouvelle fumée de tabac2. Tabagisme ultrapassif, ou thirhand smoking (THS) en anglais, est le nom donné à cette exposition bien involontaire. Parmi les substances réémises par le THS, on recense principalement de la nicotine, des produits d’oxydation de la nicotine comme la mysosmine et la cotinine ou encore des produits de la réaction de la nicotine avec les acides nitreux de l’environnement : les nitrosamines3. Ces dernières, dont certaines comme la NNA (4-(Methylnitrosamino)-4-(3-pyridyl)butanal) sont véritablement spécifiques du THS, montrent en laboratoire une génotoxicité et des effets cancérogènes avérés4,5.

Cependant, si la toxicité de ces substances est déjà préoccupante, leur ubiquité dans l’environnement l’est encore davantage. Ainsi, des études menées en 20166 et 20197 à Houston au Texas révèlent la présence de nicotine liée au THS au cœur même des lieux où elle devrait être strictement absente : les unités de soin intensif  de néonatologie; sur les dispositifs médicaux et dans les urines des bébés traités. La famille de ces nouveaux nés ainsi que le personnel médical étaient incriminés par ces études.

Une prise de conscience générale sur cette omniprésence du THS devient donc indispensable.

  • L’application de règle anti-tabac chez soi comme dans sa voiture serait une première étape pour sa diminution.
  • Un lavage systématique de ses mains après avoir fumé, bien qu’insuffisant pour en retirer l’ensemble des résidus de tabac, serait aussi une routine à assimiler.
  • Enfin, pour les jeunes parents, l’utilisation d’un vêtement dédié à la cigarette, gardé scrupuleusement à l’extérieur de la maison, pourrait aussi diminuer les risques liés au THS pour leur nourrisson.

Le THS est une problématique d’ordre public et sans frontière, sensibiliser un maximum de personnes de son entourage sur ses effets et son ubiquité reste donc le meilleur conseil sur lequel insister à ce jour.

Mise en ligne en avril 2020

1DÍEZ-IZQUIERDO, Ana, CASSANELLO, Pia, CARTANYÀ, Aurea, et al. Knowledge and attitudes toward thirdhand smoke among parents with children under 3 years in Spain. Pediatric research, 2018, vol. 84, no 5, p. 645.

2MATT, Georg E., QUINTANA, Penelope JE, ZAKARIAN, Joy M., et al. When smokers move out and non-smokers move in: residential thirdhand smoke pollution and exposure. Tobacco control, 2011, vol. 20, no 1, p. e1-e1.

3MATT, Georg E., QUINTANA, Penelope JE, DESTAILLATS, Hugo, et al. Thirdhand tobacco smoke: emerging evidence and arguments for a multidisciplinary research agenda. Environmental health perspectives, 2011, vol. 119, no 9, p. 1218-1226.4

4HANG, Bo, SARKER, Altaf H., HAVEL, Christopher, et al. Thirdhand smoke causes DNA damage in human cells. Mutagenesis, 2013, vol. 28, no 4, p. 381-391.

5CHEN, Yuxin, ADHAMI, Neema, et MARTINS-GREEN, Manuela. Biological markers of harm can be detected in mice exposed for two months to low doses of Third Hand Smoke under conditions that mimic human exposure. Food and chemical toxicology, 2018, vol. 122, p. 95-103.

6NORTHRUP, Thomas F., KHAN, Amir M., JACOB, Peyton, et al. Thirdhand smoke contamination in hospital settings: assessing exposure risk for vulnerable paediatric patients. Tobacco control, 2016, vol. 25, no 6, p. 619-623.

7NORTHRUP, Thomas F., STOTTS, Angela L., SUCHTING, Robert, et al. Medical staff contributions to thirdhand smoke contamination in a neonatal intensive care unit. Tobacco Induced Diseases, 2019, vol. 17.

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Les ondes électromagnétiques

Une onde électromagnétique est une onde périodique qui propage des variations de champ magnétique et de champ électrique. Le spectre électromagnétique s’étend des très basses fréquences aux rayons X, en passant par les radiofréquences et les rayonnements infrarouges. Les OEM vont être différenciées par la longueur d’onde dans le vide (en m ou km) et la fréquence (en hertz – Hz). Plus la fréquence augmente, plus la longueur d’onde diminue.

Nous sommes principalement exposées à deux types d’OEM au quotidien :

  • Les radiofréquences (9 kHz à 3 000 GHz), émis par les moyens de télécommunications (téléphone mobile, Wi-Fi, baby phone…)
  • Les champs électromagnétiques (CEM) dits très basses fréquences (50 Hz à 9 kHz), émis par les appareils électriques domestiques (sèche-cheveux, rasoir électrique) et les lignes à haute tension.

Quelques conseils pour limiter son exposition:

  • Si souhait d’un enfant, pendant la grossesse : Diminuer son exposition aux appareils émetteurs d’ondes, se questionner sur ses usages et ce qu’il est possible de faire chez soi (à son niveau) pour ne pas se surexposer.
  • Enfant : limiter son exposition en l’éloignant le plus possible des appareils émetteurs (babyphone, jouets électroniques, portable, écrans…) et en diminuant le temps d’exposition

Retrouver la FAQ complète rédigée par l’équipe de du projet FEES: FAQ_OEM

Mise en ligne en décembre 2019

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J’ai lu que l’activité des bébés nageurs comporterait des risques. Qu’en est-il vraiment?

Même si après neuf mois passés entourés de liquide amniotique, les bébés se sentent aussi à l’aise dans l’eau que dans le ventre de leur maman et semblent apprécier de retrouver les sensations vécues in utero lors des séances de bébés nageurs cette activité ne semble pas  sans risque…

Le problème viendrait du chlore qui est majoritairement utilisé pour la désinfection des piscines collectives  en France. Or ce chlore mélangé à l’eau produit un acide hypochloreux qui, s’il joue son rôle à merveille comme bactéricide puissant, est également hautement réactif et va ainsi oxyder certaines substances produites par les bébés nageurs (phanères, sécrétions, urine, selles…). Ces réactions d’oxydation produisent d’une part des trihalométhanes et d’autre part de la trichloramine.

  • Que sait-on sur les trihalométhanes et en particulier sur le chloroforme , l’espèce majoritaire ?

Après ingestion il est hépatotoxique et a été classé par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 2009 comme cancérigène possible. Une étude (Salas et al., 2015) semble confirmer cette hypothèse en concluant que les trihalométhanes induisent des modifications épigénétiques comme des changements de niveau de méthylation de l’ADN, de tels changements ayant étés constatés sur des gènes impliqués dans la survenue de cancer.

  • Pour ce qui est de la trichloramine:

Les chercheurs la suspecte fortement  d’augmenter le risque de survenue d’asthme ou de toute autre manifestation allergique malgré des études dans différents pays d’Europe aux résultats discordants.

Du coté des recommandations  en Europe :

  • Nos voisins allemands ont fortement déconseillé l’activité et cela depuis 2010.
  • Plus proche de nous en Belgique le Conseil Supérieur de la Santé depuis 2012 n’encourage pas cette activité chez les enfants de moins d’un an.
  • Quant à l’ANSES, elle recommande depuis 2012 une certaine vigilance quant à cette activité voire la déconseille s’il existe un terrain familial d’atopie de type eczéma par exemple.

Malgré tous les avantages de cette activité il semble donc qu’il faille bien les mettre en balance avec les risques encourus chez ces très jeunes enfants dont les systèmes immunitaires et respiratoires sont encore immatures !

Mise en ligne en novembre 2019

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