Rapport annuel de l’European Food Safety Agency sur les résidus de pesticides dans les aliments

Chaque année, l’European Food Safety Agency (EFSA) publie un rapport analysant les concentrations de pesticides présentes dans les produits alimentaires au sein de l’Union Européenne. En plus d’évaluer les résidus de pesticides présents dans les aliments, l’EFSA estime également dans ses rapport les risques sanitaires associés. Ce rapport présente les données pour l’année 2018.

Les analyses ont montré que 95,5% des 91 015 échantillons étudiés respectaient les limites légales autorisées. Malgré ce pourcentage encourageant, l’EFSA a constaté des évolutions très variables. Dans son rapport, elle propose plusieurs diagrammes et graphiques qui permettent d’observer l’évolution entre 2017 et 2018. On observe que pour une partie des pays, le pourcentage d’échantillons dépassant les limites légales a augmenté, tandis qu’il a diminué pour d’autres. De la même manière, si pour certains aliments la part d’échantillons dépassant les limites légales a baissé, elle a augmenté pour d’autres produits.

Sur les 91 015 échantillons analysés, 4 746 étaient des échantillons de produits français. 2 865 d’entre eux présentaient des résidus de pesticides trop faibles pour être quantifiés. En revanche, 210 de ces échantillons (soit 4,4%) dépassaient les limites légales autorisées pour les résidus de pesticides.

D’autre part, l’EFSA fournit également dans son rapport des données sur les résidus de pesticides présents dans les échantillons issus de pays extérieurs à l’Europe. On constate que de manière générale, le pourcentage d’échantillons dépassant les limites légales autorisées est plus important.

Afin de déterminer les risques sanitaires liés aux résidus de pesticides, l’EFSA a estimé l’exposition chronique à ces résidus par le biais de l’alimentation et a comparé cette exposition aux valeurs limites d’exposition recommandées. L’EFSA a conclu que l’exposition chronique aux résidus de pesticides détectés ne présenterait pas de risque sanitaire. L’agence insiste néanmoins sur l’importance d’améliorer encore l’efficacité du contrôle des produits alimentaires afin d’assurer le plus haut niveau de protection des consommateurs possible.

L’EFSA précise d’ailleurs dans son rapport que des résidus de plusieurs pesticides non-approuvés par l’Union Européenne ont été détectés, y compris dans des échantillons de produits alimentaires provenant de pays de l’UE. Cela souligne l’importance d’un contrôle rigoureux des produits alimentaires. Dans ce cadre, l’EFSA propose à la fin de son rapport diverses recommandations pour améliorer l’efficacité de ce contrôle.

Pour lire le rapport complet de l’EFSA, cliquez ici.

Risques sanitaires liés à l’utilisation de vaisselle en bambou

Préférée à la vaisselle en plastique pour son caractère plus naturel et donc plus écologique, la vaisselle en bambou peut présenter des risques pour la santé. Plusieurs articles ont en effet été rappelés en raison d’une migration de leurs composants vers les aliments.

Le liant couramment utilisé, une résine plastique de mélamine-formaldéhyde, est notamment en cause. Il peut en effet migrer vers la nourriture lorsqu’il est de qualité insuffisante. Or, la mélamine peut être toxique pour les reins, et le formaldéhyde est une substance cancérogène reconnue. La part des ustensiles en bambou concernés par ce risque de migration vers la nourriture est loin d’être épisodique. Le risque serait effectivement présent pour un objet sur dix. De plus, le taux de migration des composants chimiques vers les aliments peut considérablement varier selon les exemplaires d’un même article. Ces variations s’expliquent notamment en raison d’un processus de fabrication insuffisamment maîtrisé.

En raison de ce taux de migration variable, il est difficile d’évaluer les risques des articles en bambou de manière précise et fiable. L’article souligne d’autre part que la réglementation encadrant l’utilisation du bambou est pour le moment encore très floue. Ce point doit d’autant plus inciter le consommateur à la plus grande vigilance vis-à-vis des objets fabriqués à partir de ce matériau. En attendant, il est préférable de privilégier les récipients tels que le verre ou l’acier inoxydable.

Retrouvez l’article de 60 Millions de Consommateurs en cliquant ici.

Imprégnation de la population française par les substances toxiques : des données inédites de Santé Publique France

Santé Publique France a étudié l’imprégnation d’un ensemble d’enfants et d’adultes par les bisphénols (A, F et S), les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés. La présence de ces substances a été détectée chez tous les enfants et adultes de l’étude. L’imprégnation des Français est comparable à celle d’habitants d’autres pays tels que les Etats-Unis ou le Canada. Les niveaux d’imprégnation ont été évalués comme particulièrement forts chez les enfants, ce qui peut être dû à plusieurs facteurs (contacts main/bouche plus fréquents, poids corporel moins important, expositions plus conséquentes…). Les expositions aux substances toxiques sont favorisées par l’alimentation, les produits cosmétiques (surtout pour les parabènes et les éthers de glycol) mais aussi par le manque d’aération du logement. Cette étude va permettre d’établir des valeurs de référence par rapport à l’imprégnation de la population française par ces substances.

Retrouvez l’étude en cliquant ici.

La consommation de préparations infantiles hypoallergéniques n’est pas associée à un moindre risque d’allergies chez les nourrissons

Des chercheurs de l’INRA et l’INSERM ont voulu mettre en relation la consommation de préparations infantiles hypoallergéniques (destinées à prévenir le risque allergique chez les enfants pouvant avoir un terrain allergique) avec la survenue de manifestations allergiques comme l’eczéma, les sifflements respiratoires, l’asthme et les allergies alimentaires. Pour ce faire, ils ont suivi durant deux ans 15 000 enfants appartenant à la cohorte ELFE. Parmi les enfants de cette cohorte, 5% de ceux qui consommaient des préparations infantiles à l’âge de 2 mois consommaient des préparations hypoallergéniques. Les chercheurs ont comparé les manifestations allergiques survenant chez les enfants qui consommaient ces préparations avec celles survenant chez les enfants qui n’en consommaient pas. Ils n’ont constaté aucun effet protecteur de la consommation de ces préparations vis-à-vis des manifestations allergiques. Les chercheurs ont conclu que des études cliniques approfondies devaient être menées avant de promouvoir le caractère hypoallergénique de ces préparations infantiles. D’autres recherches devront donc être réalisées pour compléter les résultats épidémiologiques de cette étude.

Références de l’article :  Davisse-Paturet C., Raherison C., Adel-Patient K., Divaret-Chauveau A., Bois C., Dufourg M., Lioret S., Charles M., De Lauzon-Guillain B. Use of partially hydrolysed formula in infancy and incidence of eczema, respiratory symptoms or food allergies in toddlers from the ELFE cohort. Pediatric Allergy and Immunology, 2019. Disponible sur : https://onlinelibrary.wiley.com/toc/13993038/0/0.

Consommation de boissons sucrées et risque de cancer

Selon une étude parue le 10 juillet 2019 dans le British Medical Journal menée par des chercheurs de l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN / Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13), la consommation de boissons sucrées engendrerait une augmentation du risque de développer un cancer. L’étude a porté sur 101 257 personnes appartenant à la cohorte NutriNet-Santé, suivies entre 2009 et 2018. Leurs habitudes alimentaires ont été évaluées grâce à des enregistrements de 24h répétés (6 en moyenne par participant), portant sur plus de 3300 aliments différents. Une augmentation de 100mL de la consommation moyenne quotidienne de boissons sucrées était associée à une augmentation d’environ 18% du risque de cancer. Ce constat concerne aussi bien la consommation de jus de fruits 100% pur jus que celle de boissons sucrées hors jus de fruits. Le sucre aurait un rôle particulièrement important dans cette augmentation du risque de cancer. Cette étude ne permet pas à elle seule  de déterminer un lien de cause à effet. Cependant, la variété de facteurs pris en compte ainsi que les nombreuses analyses de sensibilité complémentaires réalisées appuient la solidité des résultats, lesquels appellent donc à la vigilance vis-à-vis de la consommation de boissons sucrées.

Pour plus d’informations, retrouvez l’article publié par l’INSERM en cliquant ici.