Facteurs environnementaux & santé : la cohorte E3N-E4N

Coordonnée par l’Inserm, la cohorte E3N-E4N permet d’évaluer sur le long terme l’impact des habitudes de vie et de l’environnement sur la santé des membres d’une même famille. Elle se compose aujourd’hui de deux générations d’individus, la génération E3N (la première) et la génération E4N (la seconde). A partir de 2021, la cohorte sera complétée de la troisième génération. Elle rassemblera alors plus de 200 000 individus de trois générations successives. Les premiers travaux conduits sur la cohorte E3N concernaient les habitudes de vie, l’alimentation et la prise de médicament. Ils prenaient aussi en compte d’autres paramètres non modifiables dont l’âge, le sexe ou encore les antécédents familiaux. Au fil des observations, les scientifiques ont progressivement commencé à étudier l’influence des facteurs environnementaux. Ils se sont notamment intéressés à l’influence des contaminants alimentaires ou des polluants atmosphériques. C’est ainsi qu’ils ont par exemple établi des liens entre les retardateurs de flamme polybromés et le cancer du sein. La cohorte E3N-E4N a peu à peu motivé des collaborations nationales et internationales. Ceci a permis non seulement de multiplier les travaux mais aussi d’élargir la collecte des données. Aujourd’hui, la banque de données contient 25 000 échantillons de sang et 65 000 échantillons de salive des participants. Consultez l’article de l’Inserm sur https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/e3n-e4n-trois-generations-pour-explorer-qui-influence-notre-sante

Une étude démontre que les particules présentes dans l’air peuvent passer à travers le placenta

Le passage des particules à travers le placenta était suspecté depuis déjà plusieurs années, mais jusqu’à présent aucune étude n’avait démontré le phénomène en contexte réel. Cette étude a permis de mettre en valeur la présence de carbone suie, un polluant de l’air, dans le placenta humain. Ce polluant a été détecté dans le placenta de toutes les femmes ayant fait l’objet de l’étude, y compris chez celles faiblement exposées. De plus, la teneur en carbone suie dans le placenta a été positivement associée à l’exposition de la mère au cours de la grossesse : plus cette exposition est importante, plus les concentrations de carbone suie présentes dans le placenta sont élevées. Cette étude a mis en valeur la présence de particules de carbone suie du côté du fœtus, et démontre ainsi qu’il existe un transfert des particules à travers le placenta. Cette étude démontre ainsi que le placenta ne protège pas le fœtus des particules, et que l’exposition à la pollution de l’air est très précoce. Ceci explique que les problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique puissent se développer très tôt dans la vie.

Retrouvez l’étude (en anglais) en cliquant ici. L’article est téléchargeable gratuitement.

Références : BOVE H., BONGAERTS E., SLENDERS E. et al. Ambient black carbon particles reach fetal side of human placenta. Nature Communications, 2019, vol. 10, 7 p.