Mise en ligne du site « Agir pour bébé »

Santé Publique France, agence nationale de santé publique, a pour mission d’améliorer et de protéger la santé des populations. C’est dans ce cadre que l’agence vient de mettre en ligne son site internet Agir pour bébé.  Ce site institutionnel donne des clés aux futurs et jeunes parents, pour créer un environnement favorable au développement de bébé, avec des conseils pratiques et informations scientifiquement validées. Il s’adresse aux futurs parents (la future mère et le futur père ou le/la co-parent(e)) ainsi qu’aux parents de nouveau-nés de moins de 4 mois. Il s’adressera à une cible plus large dans une prochaine version (parents d’enfants de 0 à 2 ans). L’objectif du site Agir pour bébé est d’informer les futurs parents et parents de nouveau-nés sur l’influence pendant la grossesse et la petite enfance des environnements (chimiques, physiques, sociaux, affectifs etc.) sur leur santé et celle de leur enfant.

Imprégnation de la population française par les substances toxiques : des données inédites de Santé Publique France

Santé Publique France a étudié l’imprégnation d’un ensemble d’enfants et d’adultes par les bisphénols (A, F et S), les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés. La présence de ces substances a été détectée chez tous les enfants et adultes de l’étude. L’imprégnation des Français est comparable à celle d’habitants d’autres pays tels que les Etats-Unis ou le Canada. Les niveaux d’imprégnation ont été évalués comme particulièrement forts chez les enfants, ce qui peut être dû à plusieurs facteurs (contacts main/bouche plus fréquents, poids corporel moins important, expositions plus conséquentes…). Les expositions aux substances toxiques sont favorisées par l’alimentation, les produits cosmétiques (surtout pour les parabènes et les éthers de glycol) mais aussi par le manque d’aération du logement. Cette étude va permettre d’établir des valeurs de référence par rapport à l’imprégnation de la population française par ces substances.

Retrouvez l’étude en cliquant ici.

La consommation de préparations infantiles hypoallergéniques n’est pas associée à un moindre risque d’allergies chez les nourrissons

Des chercheurs de l’INRA et l’INSERM ont voulu mettre en relation la consommation de préparations infantiles hypoallergéniques (destinées à prévenir le risque allergique chez les enfants pouvant avoir un terrain allergique) avec la survenue de manifestations allergiques comme l’eczéma, les sifflements respiratoires, l’asthme et les allergies alimentaires. Pour ce faire, ils ont suivi durant deux ans 15 000 enfants appartenant à la cohorte ELFE. Parmi les enfants de cette cohorte, 5% de ceux qui consommaient des préparations infantiles à l’âge de 2 mois consommaient des préparations hypoallergéniques. Les chercheurs ont comparé les manifestations allergiques survenant chez les enfants qui consommaient ces préparations avec celles survenant chez les enfants qui n’en consommaient pas. Ils n’ont constaté aucun effet protecteur de la consommation de ces préparations vis-à-vis des manifestations allergiques. Les chercheurs ont conclu que des études cliniques approfondies devaient être menées avant de promouvoir le caractère hypoallergénique de ces préparations infantiles. D’autres recherches devront donc être réalisées pour compléter les résultats épidémiologiques de cette étude.

Références de l’article :  Davisse-Paturet C., Raherison C., Adel-Patient K., Divaret-Chauveau A., Bois C., Dufourg M., Lioret S., Charles M., De Lauzon-Guillain B. Use of partially hydrolysed formula in infancy and incidence of eczema, respiratory symptoms or food allergies in toddlers from the ELFE cohort. Pediatric Allergy and Immunology, 2019. Disponible sur : https://onlinelibrary.wiley.com/toc/13993038/0/0.

Concentrations intérieures en COSV, voies d’exposition et impact sur la santé des enfants

Au cours du développement, la santé des enfants peut facilement être affectée par les substances toxiques présentes dans leur environnement, comme les composés organiques semi-volatils (COSV) : les phtalates, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les polybromodiphényléthers (PBDE), et les éthers d’organophosphorés (OPE). La présence de certains éléments dans l’environnement des enfants, comme les produits plastiques, peut entraîner une augmentation des concentrations de ces polluants.

Dans la présente étude, 68 échantillons d’air, de poussière et de films pour fenêtre ont été collectés dans des logements où vivaient des enfants âgés de 3 à 6 mois, avec pour objectif d’analyser les concentrations intérieures en phtalates, HAP, PBDE et OPE. Les résultats ont montré des concentrations particulièrement élevées, ainsi que des corrélations entre ces valeurs et les méthodes de cuissons employées, la consommation de tabac, la réalisation de travaux de décoration récents ou encore les revêtements des sols.

Les principales voies d’exposition des enfants aux polluants étudiés sont selon cette étude l’ingestion et la voie cutanée pour les phtalates et les éthers d’organophosphorés, et l’ingestion et l’inhalation pour les HAP et les PBDE. De manière globale, le risque cancérigène associé aux COSV était supérieur au risque acceptable en raison des concentrations relevées, tout particulièrement en ce qui concerne l’exposition par ingestion ou par voie cutanée. Ces résultats suggèrent donc que les concentrations en intérieures en COSV auxquelles sont exposés les enfants présentent un risque notable pour leur santé.

Retrouvez l’article complet en cliquant ici.

Références : Li H. L., Liu L. Y., Zhang Z. F., Ma W. L., Sverko E., Zhang Z., Song W. W., Sun Y., Li Y. F. Semi-volatile organic compounds in infant homes: Levels, influence factors, partitioning, and implications for human exposure. Environmental Pollution, 2019, vol. 251, p. 609-618.

Mise à jour de la liste des substances extrêmement préoccupantes de l’European Chemicals Agency (ECHA)

Le 16 juillet, l’ECHA a annoncé avoir ajouté quatre nouvelles substances chimiques à sa liste des substances extrêmement préoccupants (SVHC). Ces substances sont l’acétate de 2-méthoxyéthile (au caractère reprotoxique), le phosphite de tris(nonylphényle) (un perturbateur endocrinien), l’acide 2,3,3,3-tétrafluoro-2- (heptafluoropropoxy) propanoïque (aux effets graves probables sur la santé et l’environnement) et le 4-tert-butylphenol (un autre perturbateur endocrinien). Cette liste est composée de substances chimiques aux effets néfastes pour la santé suspectés ou avérés et pour lesquelles une autorisation d’utilisation est nécessaire.  Cette liste compte désormais, avec l’ajout de ces quatre nouvelles substances, 201 éléments. Lorsqu’un produit comporte plus de 0,1% d’une de ces substances, son fabricant a l’obligation de communiquer à ce propos auprès des clients tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Les importateurs et producteurs d’articles contenant l’une de ces quatre substances chimiques nouvellement ajoutées à la liste devront en notifier l’ECHA avant le 16 janvier 2020.

Retrouvez la liste de L’ECHA en cliquant ici.

La coupe menstruelle : une solution fiable

Dans le cadre d’une étude publiée dans le journal The Lancet, des chercheurs américains ont compilé 43 travaux à propos de la coupe menstruelle, portant sur 3300 femmes. Ce type de travail est d’autant plus important que, comme l’a souligné l’une des auteures, les études comparant les protections hygiéniques sous un angle qualitatif sont insuffisantes et que les femmes ayant des craintes ou des préjugés à l’encontre des protections hygiéniques restent nombreuses. L’étude englobait 199 marques de coupes menstruelles issues de 99 pays, à un prix moyen de 21 euros par coupe environ. Les coupes menstruelles ont été étudiées sous plusieurs paramètres : les fuites, la facilité d’adaptation et d’usage, et les effets négatifs sur la santé. Les chercheurs ont conclu que la coupe menstruelle était un type de protection hygiénique fiable : la très grande majorité des femmes n’a pas subi d’effets négatifs résultant de l’usage de la coupe. Toutefois, quelques cas de douleurs, d’allergies, d’éruptions cutanées et de troubles urinaires ont été relevés. Cinq cas de syndrome de choc toxique menstruel ont été notés, mais l’étude ne permet pas de déterminer si le risque est plus important avec la coupe menstruelle qu’avec le tampon. La plupart des femmes souhaitaient continuer à utiliser la coupe menstruelle à la fin de l’étude. Les chercheurs conseillent de mener davantage d’études dans l’optique de mieux statuer sur la fiabilité, la rentabilité et l’impact environnemental des protections hygiéniques.

Retrouvez l’article en cliquant ici.

Références : Van Heijk A. M., Zulaika G., Lenchner M., Mason L., Sivakami M., Nyothach E., Unger H., Laserson K., Philips-Howard P. A. Menstrual cup use, leakage, acceptability, safety, and availability: a systematic review and meta-analysis. The Lancet, 2019,

Consommation de boissons sucrées et risque de cancer

Selon une étude parue le 10 juillet 2019 dans le British Medical Journal menée par des chercheurs de l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN / Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13), la consommation de boissons sucrées engendrerait une augmentation du risque de développer un cancer. L’étude a porté sur 101 257 personnes appartenant à la cohorte NutriNet-Santé, suivies entre 2009 et 2018. Leurs habitudes alimentaires ont été évaluées grâce à des enregistrements de 24h répétés (6 en moyenne par participant), portant sur plus de 3300 aliments différents. Une augmentation de 100mL de la consommation moyenne quotidienne de boissons sucrées était associée à une augmentation d’environ 18% du risque de cancer. Ce constat concerne aussi bien la consommation de jus de fruits 100% pur jus que celle de boissons sucrées hors jus de fruits. Le sucre aurait un rôle particulièrement important dans cette augmentation du risque de cancer. Cette étude ne permet pas à elle seule  de déterminer un lien de cause à effet. Cependant, la variété de facteurs pris en compte ainsi que les nombreuses analyses de sensibilité complémentaires réalisées appuient la solidité des résultats, lesquels appellent donc à la vigilance vis-à-vis de la consommation de boissons sucrées.

Pour plus d’informations, retrouvez l’article publié par l’INSERM en cliquant ici.