Actuellement, de nombreuses marques commercialisent des purificateurs d’air. Qu’en est-il de leur efficacité ?

Actuellement de nombreuses marques commercialisent des purificateurs d’air. Comment s’y retrouver et qu’en est-il de leurs efficacités ?

L’épuration de l’air repose sur 2 grands principes : le piégeage des contaminants et/ou leur destruction.

Dans les techniques de piégeage :

  • La filtration consiste à piéger physiquement et mécaniquement des particules de l’air grâce à un support fibreux. Lors de son utilisation répétée le filtre, quel qu’il soit, s’encrasse ce qui réduit son efficacité (détérioration possible de la qualité de l’air) Une maintenance régulière avec changement du filtre est donc nécessaire.
  • La filtration par ionisation fonctionne en envoyant des ions qui réagissent avec les particules de l’air. Les particules ainsi chargées (ionisées) sont captées par les surfaces ou l’épurateur. ). Il faut savoir que l’efficacité de ce type de filtration est peu démontrée en condition réelle d’utilisation.  Par ailleurs, cette technique peut générer dans l’air, des polluants secondaires.

Abordons maintenant la seconde grande famille d’épurateur d’air qui fonctionne sur la destruction des polluants :

  • Le plasma froid génère des radicaux libres capables de décomposer par oxydation certains polluants de l’air. Or, en pratique cette décomposition est incomplète et produit des polluants secondaires
  • L’ozonation émet dans l’air de l’ozone pour permettre une oxydation des polluants de l’air intérieur. Malheureusement elle n’est performante qu’à des seuils d’émission d’ozone dangereux pour la santé humaine. De plus, elle génère des polluants secondaires
  • : la photocatalyse repose sur l’activation par rayonnement lumineux d’un catalyseur (ex : TiO2) qui entraine une succession de réactions chimiques d’oxydo-réductions jusqu’à, en théorie du moins, la minéralisation complète du polluant organique en eau et carbone. Malheureusement en pratique cette photocatalyse génère des minéralisations incomplètes qui engendrent la formation de polluants secondaires (cétones, aldéhydes ou acides organiques).

 

En conclusion comme le rappelle l’ANSES dans son rapport de septembre 2017 concernant les épurateurs d’air « les éléments scientifiques collectés et analysés ne permettent pas de démontrer une efficacité en conditions réelles d’utilisation des dispositifs d’épuration de l’air intérieur ». Par ailleurs, l’Agence« recommande en outre d’informer la population que l’utilisation de certains dispositifs d’épuration (ozonation, plasma froid, photocatalyse,…) peut entraîner une dégradation de la qualité de l’air intérieur suite à une dégradation incomplète de polluants conduisant à la formation de composés potentiellement plus nocifs que les composés faisant l’objet d’un traitement ».

Ainsi, la seule façon efficace de limiter son exposition aux polluants de l’air intérieur c’est d’adopter des gestes simples :

  • Aérer toutes les pièces de son logement deux fois 10 minutes par jour,
  • Maintenir en bon état le système de ventilation de son logement,
  • Éviter d’utiliser des produits odorants (bougies, encens, etc.…),
  • Limiter le nombre de produits ménagers et les préférer écolabellisés ou naturels,
  • Ne pas fumer à l’intérieur de son logement et utiliser un vêtement dédié lorsque l’on sort fumer afin de ne pas exposer les autres occupants de son logement au tabagisme ultra passif.

Sources :

https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2012SA0236Ra.pdf

https://www.anses.fr/fr/content/%C3%A9purateurs-d%E2%80%99air-int%C3%A9rieur-une-efficacit%C3%A9-encore-%C3%A0-d%C3%A9montrer

Revu le 29.07.2021

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