Lancement du plan d’actions « PFAS » 2023-2027

 

Le 17 janvier dernier, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a lancé un plan d’actions « PFAS », dont l’objectif est de renforcer la protection des Français et de l’environnement contre les risques liés aux PFAS*.

Les différentes actions viseront ainsi à mieux connaitre ces substances, les quantifier et les mesurer ; mais également à réduire leurs émissions à la source chez les principaux émetteurs.

En effet, l’utilisation des substances per- et polyfluoroalkylées, dont les propriétés sont très diverses, est devenue extrêmement répandue. Or elles appartiennent à la catégorie des polluants éternels (ou polluants organiques persistants) et leurs impacts sur la santé humaine et celle des écosystèmes, entrainent des préoccupations grandissantes.

Des travaux menés en 2022 ont permis de définir les 6 axes d’actions de ce plan:

  • disposer de normes pour guider l’action publique ;
  • porter au niveau européen une interdiction large pour supprimer les risques liés à l’utilisation ou la mise sur le marché des PFAS ;
  • améliorer la connaissance des rejets, ainsi que l’imprégnation des milieux pour réduire l’exposition des populations ;
  • réduire les émissions des industriels de façon significative ;
  • assurer une transparence complète sur les informations disponibles ;
  • intégrer les actions sur les PFAS dans le plan micropolluants.

Vous trouverez le plan d’actions en détail en cliquant sur ce lien : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/22261_Plan-PFAS.pdf

 

* L’acronyme PFAS désigne les substances per- et polyfluoroalkylées.

 

Le sujet des PFAS vous intéresse ? Retrouvez 2 autres actualités les concernant ci-dessous :

http://www.projetfees.fr/une-etude-evalue-lexposition-aux-pfas-par-lalimentation-durant-les-premiers-mois-de-vie/

http://www.projetfees.fr/composes-perfluores-des-traces-de-pfoa-toujours-retrouvees-dans-des-poeles-et-de-nouvelles-donnes-sur-leur-impact-sanitaire/

Webinaires « Comprendre et agir en promotion de la santé » de l’Ireps Grand Est.

L’Ireps Grand Est a organisé cette fin d’année trois webinaires « Comprendre & agir en promotion de la santé ». 

Les thèmes abordés étaient :

  • Les inégalités sociales et territoriales de santé,
  • La participation,
  • La santé environnement.

Au programme : des éléments de connaissances, des outils méthodologiques et des échanges entre les personnes participantes pour amorcer, ou renforcer, l’intégration de notions phares dans les pratiques et les projets.

L’enregistrement de chacun de ces webinaires, ainsi que leurs supports de présentation, est d’ores et déjà disponible sur le site de l’Ireps Grand Est : http://ypwk.mjt.lu/nl3/3x3XYIUqD2x983ZxiHbpFA?m=AVcAAAWXymwAAciyR3oAALPptpoAABZ27U8AmOtyAAulVgBjnCgfCd4avXU7QvypUstBBXX-OgALvVg&b=375af91e&e=10ec15e6&x=tDqF-U2ig5K1Asea6uA_xfn6ie_tEpHVPcEZfQYmsIA

Retrouvez notamment le replay du webinaire « Santé environnement » en suivant ce lien : https://www.ireps-grandest.fr/index.php/l-ireps-grand-est/nos-projets/item/1600-webinaire-comprendre-agir-en-promotion-de-la-sante-la-sante-environnement-8-decembre-2022 .

Nouvelles données du programme national de biosurveillance Esteban 2014-2016.

De nouvelles données concernant l’imprégnation de la population française par certains pesticides (amitraze, fipronil, méthomyl, bromoxynil et carbendazime) ont récemment été publiées par Santé Publique France .

Ces données viennent de la cohorte Esteban avec un sous-échantillon de 1000 adultes (18-74 ans), les dosages n’ont pas pu être réalisés chez les enfants.

Les pesticides sériques analysés dans ce rapport sont issus de la priorisation débutée pour l’élaboration du programme national de biosurveillance. Dans la littérature scientifique, il y a peu de données concernant l’exposition et l’imprégnation en ces pesticides.

 

Parmi les différentes substances et métabolites recherchés, seul le bromoxynil a été quantifié chez tous les adultes. Le fipronil-sulfone, métabolite du fipronil, a également été quantifié pour plus de la moitié de la population étudiée (53,4%).

Les autres pesticides ou métabolites étaient peu ou pas quantifiés. Notons qu’ils n’étaient plus utilisés en France en usage phytopharmaceutique, en effet à cette date, parmi les substances recherchées, seuls le bromoxynil et le fipronil étaient encore autorisés pour cet usage.

Le bromoxynil est une substance active de produit phytopharmaceutique, présentant un effet herbicide. Sur le plan de la réglementation des produits
phytopharmaceutiques, au niveau de l’Union européenne, l’approbation a expiré au 31 juillet 2021.

Le fipronil est un insecticide dont l’approbation dans la réglementation des produits phytopharmaceutiques a été retirée en 2017. Aucun usage phytopharmaceutique n’est plus autorisé pour le fipronil. Il est autorisé en usage biocide dans certains produits destinés à lutter contre les fourmis, les blattes/cafards ou les termites, destinés au grand public et aux professionnels. Il n’est autorisé pour aucun autre usage biocide. En France, il est aussi présent dans certains médicaments vétérinaires (traitements antiparasitaires externes à usage topique destinés à traiter les chiens, les chats et les furets).

 

Les déterminants de l’imprégnation ont pu être recherchés pour le bromoxynil uniquement. Des associations ont été retrouvées entre l’imprégnation et l’environnement résidentiel, la saison de prélèvement sanguin et la consommation de légumes du potager (également appelée autoconsommation de légumes).

Ainsi, une tendance à l’augmentation de l’imprégnation était retrouvée pour les personnes :

  • Habitant à moins de 200m de cultures,
  • Résidant dans une ferme,
  • Habitant à moins de 200m d’une voie ferroviaire.

L’imprégnation était également plus importante chez les personnes vivant en maison individuelle, par rapport à celles vivant en appartement.

D’autre part, les adultes consommant 1fois/semaine ou plus des légumes de leur propre jardin, avaient des concentrations sériques plus élevées. Neuf adultes présentaient des niveaux supérieurs au 99è percentile de la distribution (1638ng/L, la concentration moyenne des adultes pour cette substance était de 324ng/L), parmi eux tous sauf un consommaient leurs propres légumes et 7 utilisaient des pesticides dans leur potager (7 de ces personnes vivaient également à moins de 200m d’une zone de culture).

 

Il n’y a pas de comparaison possible avec d’autres études françaises ou étrangères.

En revanche, la répétition du dosage permettra de voir si l’interdiction du bromoxynil et du fipronil en usage phytopharmaceutique, aura une incidence sur les prochains niveaux mesurés dans la population française.

 

Retrouvez plus d’informations concernant ces nouvelles données, sur le site de Santé Publique France, en suivant ce lien : https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/impregnation-de-la-population-francaise-par-l-amitraze-le-fipronil-le-methomyl-le-bromoxynil-et-la-carbendazime.-programme-national-de-biosurvei

Le Réseau Environnement Santé demande l’organisation d’une mission flash et d’une grande campagne sur la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens.

A l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, le 17 novembre, le RES a demandé aux Ministères de la Santé et de l’Ecologie d’organiser une Mission Flash  pour réduire l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens.

En effet, récemment, le journal JAMA Pediatrics a publié une synthèse de 16 études réalisées aux Etats-Unis entre 1983 et 2014, sur le lien entre exposition aux phtalates et prématurité. 

Les résultats laissent suggérer que des interventions visant à diminuer l’imprégnation en un mélange de phtalates de 50%, permettraient de réduire le taux de prématurité de 12%.

Un article complet sur le travail de ces chercheurs américains et leurs principales conclusions, sera prochainement publié sur notre site.

En attendant, retrouvez l’article publié par le RES en suivant ce lien http://www.reseau-environnement-sante.fr/prematurite-et-phtalates-urgence-mission-flash/

Santé environnementale et reproductive : découvrez le centre REPROTOXIF

Constitué d’experts en santé environnementale, reproductive et en pathologie professionnelle, le centre REPROTOXIF offre une prise en charge individualisée visant à prévenir les expositions à risque pour la fertilité et la grossesse.

Concrètement, dans votre pratique, vous pouvez référer vos patients vers le centre REPROTOXIF lorsqu’ils :

  • souhaitent débuter un projet de grossesse (femme et homme)
  • sont au début de leur grossesse
  • ont reçu un diagnostic de troubles de la reproduction (troubles de la fertilité, pathologies de grossesse, anomalies congénitales).

Une analyse rigoureuse de leurs expositions à risque dans leur environnement domestique et professionnel sera réalisée, et au besoin, une consultation environnementale leur sera proposée.

Que met-on derrière les expositions environnementales ? Sur le lieu de travail, il peut s’agir de produits chimiques dangereux, de virus, du port de charges lourdes ou encore d’un niveau de stress élevé. À la maison, nos habitudes de vie et de consommation influencent la qualité de notre environnement, certains produits du quotidien peuvent dégrader la qualité de l’air intérieur et constituent des leviers de prévention à connaître et faire connaître !

Le centre REPROTOXIF propose une prise en charge 100% gratuite (il est développé par une équipe de l’hôpital Fernand-Widal AP-HP), à destination des résidents d’Île-de-France.

Consultez leur site, véritable mine d’informations sur le sujet de la santé environnementale : www.reprotoxif.fr

Découvrez le nouveau DU 2022-2023 sur les 1000 premiers jours

PARCOURS DES 1000 PREMIERS JOURS : ACCOMPAGNER LA FAMILLE

L’objectif général de cette formation est d’assurer le suivi du
capital santé et du développement de l’enfant durant les 1000ers
jours
Les objectifs spécifiques sont :
• S’approprier le concept des 1000ers jours
• Approfondir ses connaissances sur le développement de
l’enfant et ses besoins en s’appuyant sur les nouvelles
recherches.
• Acquérir des connaissances théoriques et pratiques dans
le soutien à la parentalité pour renforcer le parcours des
1000ers jours
• Animer des groupes de pair aidance au sein d’une maison
des 1000ers jours.
• Travailler en mode projet au sein de son territoire pour
développer une culture de prévention au cours des 1000ers
jours.

PUBLIC VISÉ
• Professionnels de santé (Infirmières, puéricultrices,
sages-femmes, pédiatres, obstétriciens, pédopsychiatres,
psychiatres, psychologues…)
• Professionnels de la petite enfance, éducation nationale,
périscolaire, la protection de l’enfance.

Retrouvez ci-dessous le lien d’inscription ainsi que le programme du DU 

(date limite de Candidature au 1er novembre 2022)
INSCRIPTION
medecine.univ-lille.fr

Personne en charge de l’inscription :
Yamna Anjar
Mail : yamna.anjar@univ-lille.fr
03 20 62 68 12

Une étude évalue l’exposition aux PFAS par l’alimentation durant les premiers mois de vie.

Une étude, publiée en juin dernier, s’est intéressée à l’exposition du nourrisson aux PFAS par son alimentation. (Retrouvez l’étude en suivant ce lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S016041202200201X?dgcid=raven_sd_search_email )

Rappelons que les PFAS (poly- et perfluoroalkylés), sont des substances  chimiques synthétiques appartenant à la grande classe des polluants organiques persistants.

Elles s’accumulent donc dans l’environnement et les organismes vivants, avec de potentiels effets nuisibles.

En raison de leur caractère hydrofuge, anti-salissure et anti-graisse, elles sont utilisées entre autres dans les matériaux d’emballage alimentaire et les revêtements antiadhésifs des ustensiles de cuisson.

372 nouveau-nés à terme en bonne santé néerlandais ont été inclus dans cette étude.

Le but était d’évaluer les apports quotidiens en PFAS par l’alimentation durant les 3 premiers mois de vie.

Les taux de certains PFAS (PFOA et PFOS) ont donc été mesurés :

  • dans le lait maternel aux âges de 1 et 3 mois ,
  • dans 6 marques de lait infantile,
  • dans le plasma des enfants à 3 mois et 2 ans.

Parmi les résultats, on peut noter une baisse des taux dans le lait maternel entre 1 et 3 mois (que l’allaitement soit exclusif ou non).

Pour les enfants allaités exclusivement ou de façon mixte, un apport quotidien + élevé en PFAS a été corrélé à :

  • un âge maternel + élevé,
  • une parité inférieure,
  • le fait d’allaiter pour la 1ère fois,
  • une quantité plus faible de lait infantile ingérée.

Un apport quotidien plus élevé en PFAS à 3 mois, était quant à lui associé à des taux plasmatiques plus élevés au même âge, mais également à l’âge de 2ans.

Précisons qu’aucun PFAS n’a été détecté dans les différentes marques de lait infantile.

Les auteurs concluent qu’au regard des bénéfices reconnus de l’allaitement maternel, ces résultats appellent à effectuer des recherches supplémentaires, notamment sur l’impact plus tardif de cette exposition précoce aux PFAS.

 

Nous tenons à rappeler qu’en effet, l’allaitement maternel présente de multiples bénéfices sanitaires prouvés, et reste donc le mode d’alimentation recommandé pour les nourrissons.

 

Au sujet des PFAS, notons qu’un congrès international : « PFAS : gestion des pollutions et des risques sanitaires » se tiendra à Paris le 20 octobre 2022.

Pour plus d’information sur ce congrès, cliquez ici : https://www.webs-event.com/fr/event/PFAS 

Enquête de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes

L’Agence régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec l’Observatoire régional de la santé (ORS) et les réseaux de santé en périnatalité réalisent une enquête auprès des centres périnataux de proximité et des services de maternité et de néonatologie de la région. Cette enquête vise à identifier les pratiques et les besoins des services et des professionnels en termes de prévention de l’exposition de la femme enceinte et du jeune enfant aux substances toxiques.

Cette enquête a pour objectifs de :

  • connaître ce qui est actuellement mis en place dans les services et par les professionnels ;
  • avoir connaissance de ce que les acteurs souhaiteraient développer sur ce sujet.

Cette enquête se compose donc de 2 volets :

  • Volet 1 :  à destination des centres périnataux de proximité et des services de maternité et de néonatologie. Il vise à présenter les pratiques professionnelles en santé environnementale déployées par les services et leur application au sein de l’établissement.
  • Volet 2 : à destination de l’ensemble des professionnels concernés : médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique, médecin spécialiste en pédiatrie, sage-femme / maïeuticien, Infirmière et/ou puéricultrice et auxiliaire de puériculture) afin de connaître les conseils de prévention données aux femmes enceintes et femmes venant d’accoucher.

Les résultats anonymisés, publiés et transmis aux établissements et aux professionnels de santé, permettront de proposer des outils adaptés aux besoins, de faciliter les échanges entre les établissements autour de leurs pratiques et d’accompagner les projets des services sur ce sujet.

Le questionnaire est accessible en ligne, jusqu’au 21 octobre 2022, pour le remplir vous pouvez suivre ce lien : https://tinyurl.com/enq-se-cpp-mater-neonat-ara (le temps de remplissage n’excède pas 5 minutes).

Chambre pédagogique à la maternité du CHF (Pôle Mère Enfant du site de Montbrison)

Quand les erreurs s’invitent en maternité pour apprendre et réapprendre aux jeunes parents les bonnes attitudes à avoir lors du retour à la maison avec leur bébé…

L’équipe multidisciplinaire de la maternité du centre hospitalier de Montbrison (Centre Hospitalier du Forez) fourmille d’idées et d’engageantes initiatives pour le bien-être des familles du bassin forézien ! Elle travaille donc à mettre en place des pratiques autour de la naissance alliant sécurité médicale, qualité des soins, bientraitante et bienveillance On peut notamment s’enthousiasmer de la création récente d’une « chambre pédagogique » destinée à sensibiliser les jeunes parents aux risques multiples du domicile. L’accent est particulièrement mis sur les attitudes ou « fausses croyances » trop souvent observées lors du couchage des nourrissons les exposant à une mort subite inattendue.

Si le couchage sur le dos des bébés est désormais un acquis pour la plupart des couples, il n’est jamais trop de rappeler l’importance d’un environnement sécure autour de l’enfant. L’absence de couverture et de tour de lit, une température adaptée de la chambre, la prévention du tabagisme passif, sont autant d’exemples qui sont détaillés à tous les parents dans les jours qui suivent la naissance de leur bébé à l’hôpital montbrisonnais.

L’espace dédié spécifiquement à cette sensibilisation (parcours ludique dans une chambre type d’enfant) connait d’ores et déjà un grand succès depuis son ouverture au printemps. Les parents se réjouissent de cette démarche qui permet aussi d’initier différents échanges autour des questions du retour à la maison. A l’image de l’avis unanime et positif des familles, les encouragements se multiplient aussi du côté des soignants. Il est bon à penser que « rien n’est plus efficace que le visuel pour faire passer les bons messages aux parents. Ces derniers sont souvent noyés d’informations en tout genre lors de la période périnatale et rien n’égale l’échange qui s’instaure autour d’un parcours ludique dont ils sont acteurs ». Grâce à cette chambre pédagogique, qui s’inscrit dans les nouvelles recommandations du ministère de la sante concernant les 1000 premiers jours de l’enfant, l’équipe du CHF peut aussi aborder la prévention des accidents domestiques, le risque du syndrome du bébé secoué ainsi que la santé environnementale.

Le 19 septembre 2022, débutera la semaine de prévention de la mort inattendue du nourrisson. A cette occasion, la maternité du Centre hospitalier du Forez ouvrira ses portes de 14 h à 16 h, du 19 au 23 septembre, aux couples attendant un enfant, ou aux professionnels de santé.

Dès le mois d’octobre, un atelier « chambre pédagogique » sera proposé les premiers mardis de chaque mois, de 16 h à 17 h, afin de compléter les ateliers de portage, de santé environnementale, la préparation à la naissance et les consultations d’allaitement déjà présents au CHF.

Les inscriptions pour les ateliers « chambre pédagogique » se font auprès du secrétariat : 04.77.96.78.59

 

Par : Ludivine OUILHON , Sagefemme coordinatrice

Nitrates et nitrites, que nous apprend le récent rapport de l’ANSES ?

Depuis plusieurs années, les nitrates et les nitrites sont sujets à de nombreuses controverses quant à leurs impacts sanitaires, et notamment concernant leur présence en tant qu’additif dans certains produits carnés tel que la charcuterie.

L’ANSES a très récemment publié un rapport d’expertise collective à ce sujet, faisons donc le point sur ses différentes conclusions.

  • Apports et DJA

 

Les nitrates et les nitrites sont des formes de l’azote.

Ils sont naturellement présents dans notre environnement, mais cette présence peut être renforcée par certaines activités humaines, telle que l’utilisation excessive d’engrais de synthèse.

Les nitrates font naturellement partie de notre alimentation. Actuellement, pour une majeure partie de la population, les apports en nitrates se répartissent ainsi :

  • 62 à 69% par les végétaux (notamment les légumes feuilles, riches en nitrates)
  • 20 à 25% par l’eau de boisson
  • < 5% par la charcuterie (dans laquelle les nitrates sont présents en tant qu’additif)

Concernant les nitrites, ils sont majoritairement présents dans notre alimentation en tant qu’additifs dans la charcuterie, responsable de 41 à 63% de nos apports.

Une DJA (Dose Journalière Admissible = quantité de substance pouvant être ingérée quotidiennement toute la vie sans effet sanitaire) fixée par l’EFSA existe pour chacune de ces molécules. Ces DJA ont été jugées pertinentes par l’ANSES. En France, toutes sources d’expositions confondues, 99% de la population ne dépasse pas la DJA, que ce soit pour les nitrates ou les nitrites.

  • Mécanismes de transformation et toxicité

Lors d’un apport en nitrates par voie orale, la majorité des nitrates ingérés (75%) est éliminé par voie urinaire, le reste est excrété dans la salive. Une très faible partie de ces nitrates salivaires peut être réduite en nitrites, qui sont eux-mêmes très instables et peuvent entrainer la formation d’autres composés, dont des composés nitrosés.

Ces dérivés présentent une toxicité, et notamment une cancérogénicité, ainsi les nitrates et nitrites ingérés dans des conditions où ils peuvent entrainer la formation de composés endogènes nitrosés ont été classés 2A (cancérogène probable) par le Centre International de Recherche sur le Cancer en 2010.

Après analyse de la littérature, le groupe de travail de l’ANSES a conclu à :

  • L’existence d’une association positive entre l’expositions aux nitrates via l’eau de boisson et le risque de cancer colorectal
  • L’existence d’une association positive entre l’exposition aux nitrates et/ou aux nitrites via la viande transformée et le risque de cancer colorectal

 

On peut noter que concernant la quantité de nitrates dans l’eau du robinet, une limite de qualité est fixée en France à 50mg/L et qu’une très grande majorité de la population reçoit une eau respectant cette limite.

  • Principales conclusions et recommandations de l’ANSES

 

  • Limiter l’apport en nitrates et nitrites via l’eau et les aliments notamment en limitant les quantités d’additifs nitrés ajoutés dans les produits carnés traités
  • Limiter la charcuterie à 150g/semaine (permet de ne pas dépasser la DJA des nitrites)
  • Réévaluer la pertinence de la valeur dérogatoire maximale utilisée en gestion pour les nitrates dans les eaux destinées à la consommation humaine (100mg/L)
  • Diversifier la consommation de légumes dans le régime alimentaire total. Diverses denrées d’origine végétale peuvent présenter des concentrations élevées en nitrates. Cependant, du fait de leur richesse en fibres, vitamines et minéraux, les légumes assurent une protection à l’encontre de diverses maladies, dont le cancer.

Retrouvez le rapport de l’ANSES en suivant ce lien : https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9duire-l%E2%80%99exposition-aux-nitrites-et-aux-nitrates-dans-l%E2%80%99alimentation