De nouvelles maternités éco-engagées

 

La santé environnementale étant de plus en plus présente au cœur des problématiques de santé, les maternités cherchant à se tourner vers des pratiques de soins intégrant cette thématique sont de plus en plus nombreuses.

Ainsi, une dynamique écoresponsable a été initiée au sein de plusieurs maternités de l’APHP, qui s’inscrit désormais dans un programme plus large engagé par l’ARS Île-de-France.

Ce programme : « Ecomaternité », au bénéfice des femmes enceintes, des nourrissons et des professionnels a pour but de « faire évoluer les organisations et les pratiques des acteurs du parcours de périnatalité vers la prise en compte des enjeux de santé environnementale et d’éco-responsabilité ».

Retrouvez le programme détaillé en cliquant sur ce lien : https://www.iledefrance.ars.sante.fr/ecomaternite-lars-ile-de-france-met-en-place-un-programme-territorial-de-maternites-ecoresponsables

Certaines maternités ont déjà mis en place différentes actions, parmi lesquelles on peut citer : le remplacement du plastique au profit du verre ou de la porcelaine dans les contenants alimentaires, ou le développement d’ateliers à destination des futurs et jeunes parents. La formation des soignants en santé environnementale fait également partie de ces actions, et des formations FEES ont ainsi été organisées pour les professionnels de santé de l’APHP.

Exemples d’actions mises en place à la maternité de Trousseau sur ce lien : https://www.facebook.com/watch/?v=493565538916338

 

 

La maternité du CHU de Clermont Ferrand, a quant à elle été en fin d’année dernière, la première maternité de type 3 à obtenir le label THQSE, ce qui fait d’elle une maternité labellisée éco-responsable. Le label THQSE : Très Haute Qualité Sociale et Environnementale est un label de qualité qui garantit un degré d’engagement sur le plan sanitaire, mais aussi sur le plan social.

Pour obtenir ce label, plusieurs changements ont été opérés à différents niveaux : bio-nettoyage aux microfibres, à l’eau ou à la vapeur par exemple. Une chambre pédagogique à destination des futurs parents a également été créée, afin d’aborder de façon concrète les différents conseils en matière de santé environnementale. Tout comme pour les maternités de l’Île-de-France, différentes actions de formations des professionnels ont été entreprises, et 2 formations FEES ont donc été programmées au cours de l’année 2022 pour les professionnels de la maternité.

Pour plus de précisions concernant cette labellisation, cliquez sur ce lien : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/la-maternite-du-chu-de-clermont-ferrand-decroche-le-label-ecoresponsable-2403589.html

Stratégie Nationale de Lutte contre l’Endométriose

En mars dernier a eu lieu la 18è semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose.

C’est à cette occasion que l’Inserm a réalisé un point sur les recherches en cours à ce sujet au sein de l’institut, retrouvez le en cliquant sur ce lien : https://presse.inserm.fr/endometriose-point-detape-sur-les-recherches-en-cours-a-linserm/44920/

Cette maladie gynécologique est fréquente, puisqu’elle touche environ 1 femme sur 10. Cependant, les mécanismes qui en sont à l’origine restent à ce jour encore mal connus.

Des facteurs génétiques sont à l’étude et les chercheurs soupçonnent également l’impact de certaines expositions environnementales.

Le Ministère des Solidarités et de la Santé a lancé en ce début d’année une stratégie nationale de Lutte contre l’Endométriose comprenant 3 axes prioritaires dont l’axe 1 est de placer la France aux avants postes de la recherche et de l’innovation sur l’endométriose.

Le programme complet de la stratégie nationale est consultable en suivant ce lien : https://www.gouvernement.fr/upload/media/default/0001/01/2022_02_dossier_de_presse_strategie_nationale_de_lutte_contre_l_endometriose.pdf

ANSES | Série de vidéos sur l’alimentation d’aujourd’hui

L’ANSES – Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail – a publié récemment une série de vidéos explicatives concernant diverses thématiques relatives à l’alimentation d’aujourd’hui. Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces ressources en cliquant ici: 8 questions sur l’alimentation d’aujourd’hui

Plusieurs vidéos portent sur la santé environnementale :

  • Perturbateurs endocriniens dans les emballages alimentaires
  • Le microplastiques dans l’eau
  • Additif alimentaire Dioxine de Titane

Elles sont complétées par des articles, que vous pouvez retrouver sous chaque vidéo.

Enquête – Formation Information Sensibilisation des professionnels et acteurs de santé à la santé environnementale

L’ASEF (Association Santé Environnement France) mène une enquête sur le sujet de la formation des professionnels de santé en termes de santé environnement intitulée :

« Et vous, vous en êtes où ? »
Formation Information Sensibilisation des professionnels et acteurs de santé à la santé environnementale – Quelles attentes & quels besoins ?

Cette enquête permettra de dresser un état des lieux sur le degré de sensibilisation et l’éventuel besoin de formation des professionnels de santé en France sur ces sujets.

→ Temps de réponse < 5 minutes
→ Réponses collectées jusqu’au 01/05/2022
→ Les résultats de cette enquête seront publiés, l’objectif étant d’ajuster et favoriser l’accès à l’information et à la formation aux enjeux en santé environnement si besoin.

Participer à l’enquête : Et vous, vous en êtes où ? Formation Information Sensibilisation des professionnels et acteurs de santé à la santé environnement – Quelles attentes & quels besoins ?

Impact sur la qualité de l’air intérieur des produits ménagers et des désodorisants

L’Ademe a publié il y a quelques semaines les résultats de projets (PRESSENS & ESSENTIEL) de recherche liés à la qualité de l’air intérieur.

Le projet PRESSENS, mené en collaboration avec le CSTB, l’Ineris et le LCE, s’intéresse aux impacts sur la qualité de l’air intérieur et la santé des diffuseurs de parfums et d’huiles essentielles. L’étude prend en compte des désodorisants non combustible actifs (sprays, diffuseurs électriques) et passifs (désodorisants capillaires ou à mèches) et repose sur une campagne de mesures effectuées dans une pièce expérimentale.

Il apparait que les informations fournies par les fabricants aux consommateurs concernant la composition des produits n’est que parcellaire. De plus, la  connaissance de la composition liquide des parfums d’ambiance ne permet pas de prévoir les composés volatils émis lors de leur utilisation.
Parallèlement, les résultats indiquent une grande disparité entre les désodorisants au sujet de la dynamique d’émission et des niveaux de concentrations des polluants émis. Les résultats sont également difficilement généralisables car pour un même produit, on observe une hétérogénéité des caractéristiques des émissions. La majorité des expositions observées sont non préoccupantes mais il existe plusieurs dépassements de valeurs repères concernant des polluants comme le benzène, l’acroleine, le formaldhéhyde, le limonène et les particules. Qu’elles soient chroniques ou aiguës, ces expositions sont à risque pour la santé.

Il a été constaté que la première utilisation d’un désodorisant, notamment les diffuseurs actifs, est celle qui émet le plus de composés volatils et particulaires. Il est donc recommandé d’utiliser une première fois ce type de produit en extérieur ou dans une pièce très bien ventilée avant de l’utiliser dans une pièce à vivre ou pour dormir. L’utilisation des désodorisants reste néanmoins à privilégier dans des pièces de grande superficie et bien aérées. L’usage doit être modéré et il est déconseillé d’utiliser plusieurs produits de ce type en même temps. A ce stade des connaissances sur le sujet,  il est recommandé d’éviter l’utilisation de désodorisants lors de la présence de personnes sensibles (femmes enceintes, bébés, enfants, personnes souffrant de troubles respiratoires).

Le second projet, mené par le CSTB / IMT Nord Europe / Institut Mines Télécom, se nomme ESSENTIEL et concerne l’impact des huiles essentielles contenues dans les produits ménagers sur la qualité de l’air intérieur. Ces produits peuvent être des désodorisants ou des produits de nettoyage tels que des sprays, lingettes ou liquides. Bien que bénéficiant d’une image de « produit naturel », ces produits sont sources importantes d’émissions de composés volatils organiques terpéniques. Les auteurs de l’étude soulignent l’importance de la mise en place d’un encadrement du vocabulaire accompagnant la promotion de ces produits ménagers. Des termes comme « purifier » ou « assainir » par les huiles essentielles doivent être clarifiés pour les consommateurs en raison de leur impact sur la qualité de l’air intérieur.

Pour conclure, l’Ademe rappelle qu’une bonne odeur n’est pas synonyme d’air sain. Il faut privilégier si possible un nettoyage sans produit (chiffon humide, microfibres, etc.) , le cas échéant utiliser si possible des produits ménagers sans odeur, et si utilisation d’huiles essentielles, privilégier des diffusions temporaires et non continues. Quelle que soit la situation, l’aération régulière et suffisante des locaux reste primordiale.

Les résultats du projet PRESSENS sont disponibles ici : https://librairie.ademe.fr/air-et-bruit/4986-composes-volatils-et-particulaires-emis-par-les-desodorisants-non-combustibles.html

Les résultats du projet de recherche ESSENTIEL : https://librairie.ademe.fr/air-et-bruit/4985-huiles-essentielles-et-qualite-de-l-air-interieur.html

Le communiqué de presse de l’Ademe sur la publication de ces deux études est accessible à cette adresse : https://presse.ademe.fr/2021/10/etudes-sur-les-produits-menagers-et-desodorisants-et-la-qualite-de-lair-interieur-les-produits-dits-naturels-ou-assainissants-egalement-a-utiliser-avec-precau.html

Interdiction de l’additif alimentaire E171 dans l’Union Européenne

Suite à l’avis défavorable donné par l’Agence européenne de sécurité alimentaire au printemps dernier, les États membres de l’Union Européenne ont accepté la demande de la Commission européenne d’interdire le dioxyde de titane dès 2022. Cet additif alimentaire connu sous le code E171 est principalement utilisé sous forme de poudre de nanoparticules pour ses propriétés esthétiques de colorant et d’opacifiant.

Cet additif est déjà interdit en France depuis le 1er janvier 2020 pour deux ans en raison de son risque génotoxique. Il est cependant encore utilisé en France et en Europe dans les médicaments et les produits cosmétiques. L’Agence Européenne du Médicament a récemment indiqué que le remplacement du dioxyde de titane dans les médicaments prendrait au moins une dizaine d’années. L’association UFC-Que Choisir précise que cet avis de l’AEM reste le porte-voix des industriels. Un des arguments apporté est que les remplaçants potentiels à cet additif (amidon, carbonate de calcium) n’offrent pas les mêmes propriétés tel quel la protection face aux UV ou l’acceptation psychologique du traitement grâce à la couleur du médicament. Le remplacement de l’additif dans un médicament entrainerait aussi une procédure de réévaluation par les autorités locales et l’AEM agite le drapeau du risque de pénurie de certaines référence dû à l’abandon du dioxyde de titane. Du côté des instances européennes, la Commission a annoncé une nouvelle évaluation dans 3 ans pour l’utilisation du dioxyde de titane dans les médicaments.

Références : https://www.quechoisir.org/actualite-interdiction-du-dioxyde-de-titane-coup-de-frein-de-l-agence-europeenne-des-medicaments-n95840/

Vers la mise en place d’un nouvel étiquetage pour les produits ménagers ?

Le Ministère de la Transition Écologique travaille actuellement sur la mise en place d’un Toxi-Score pour les produits ménagers (nettoyants, désinfectants, lessives, désodorisants etc.) dans le cadre du 4ème Plan National Santé Environnement 2021–2025 (PNSE 4). Un article paru dans le magazine de l’Inserm n°50 revient sur cette nouvelle signalétique prévue pour 2022. Ce label cherche à simplifier l’étiquetage de ces produits afin de fournir plus facilement des précautions d’usages aux consommateurs. Un classement des produits, à l’image du Nutri-Score, est à l’étude.

L’article mentionne les risques de certains produits ménagers sur la santé à effet immédiat (vertiges, nausées, irritations cutanées) et rappelle que l’exposition à long terme à certaines substances peut être liée avec l’apparition de cancers ainsi que de troubles respiratoires et de la reproduction. Les substances mises en cause sont l’ammoniac (nettoyants), les composés organiques volatils (produits d’entretien), le dichlore (eau de javel) ou encore les phtalates (désodorisants, assouplissants).

L’évaluation au préalable de la toxicité ces produits reste la grande question de ce projet car elle demeure plus complexe que l’évaluation nutritionnelle d’un aliment. La vulnérabilité face à un polluant dépend aussi de la personne. Les enfants et les femmes enceintes sont par exemple plus à risques face à certaines substances. Enfin certains points limitent aujourd’hui l’instauration d’un tel label. On peut citer par exemple les incertitudes liées au probable effet cocktail de certaines substances chimiques ou encore le manque de données sur des substances comme les composés perfluorés. Il est annoncé que l’affichage du Toxi-Score sur les produits ménagers ne sera pas obligatoire pour les fabricants. Si la règlementation européenne le permet, une contrainte des industriels pourra être décidée plus tard.

L’article du magazine Inserm sur le sujet est disponible à cette adresse : https://www.inserm.fr/actualite/environnement-vers-lelaboration-dun-toxi-score/

Mise en ligne de la plate-forme 1000 premiers jours.fr

A l’initiative de Santé publique France, la plate-forme 1000 premiers jours.fr a été récemment mise en ligne. Ce site propose des conseils et des réponses aux questions que peuvent se poser les parents et futurs parents lors de la période des 1000 jours. Primordiale pour l’enfant, cette période va du début de la grossesse jusqu’à l’entrée de la 2ème année.

Les rubriques abordent la grossesse, la nutrition, l’environnement de l’enfant et l’accompagnement socio-économique. Les informations disponibles sont présentées comme étant des ressources fiables fondées sur les dernières avancées scientifiques. La plateforme 1000 premiers jours.fr et ses informations sont également accessibles via une application.

Le site est disponible à cette adresse : https://www.1000-premiers-jours.fr/fr

Substances perfluoroalkylées et air intérieur

Une étude américaine, publiée dans la revue Environmental Science & Technology Letters, s’intéresse aux composés perfluoroalkylés (PFAS) pouvant être présents dans l’air intérieur. Ces substances sont utilisées principalement pour leur propriétés anti-adhésives, anti-tâches et imperméables. On en retrouve donc potentiellement dans une large gamme de produits : textiles, emballages, revêtements, ustensiles, cosmétiques, produits ménagers, etc.
Les PFAS sont impliqués dans la survenue de cancers, des maladies thyroïdiennes, des maladies auto-immunes, des lésions hépatiques, de l’obésité ou encore des problèmes de fertilité. Ils sont qualifiés de « produits chimiques éternels » (forever chemical) en raison de leur caractère persistant dans l’environnement et le corps : ces substances s’accumulent et ne se décomposent pas naturellement. La voie d’exposition aux PFAS la plus commune est l’ingestion. Les auteurs ont exploré avec cette étude l’exposition par inhalation.

Cette voie d’exposition a été évaluée via la mise en place de mesures de PFAS dans l’air intérieur dans différents types de bâtiments/espaces clos : écoles, boutiques de vêtements, bureaux, laboratoires et salles universitaires ou encore ascenseurs. Les résultats sont révelateurs concernant les mesures en écoles maternelles : les moquettes des salles de classe ainsi que la poussière sont sources importantes de PFAS, notamment les volatils (alcools fluorotélomères). Certains composés comme le 8:2 FTOH, en principe interdits depuis plusieurs années, ont également été retrouvés lors des mesures. Cette présence s’explique soit par la mauvaise volonté des industriels soit par l’importation de produits de pays où ces interdictions n’existent pas. Le caractère persistant de ces substances est aussi une des explications possibles à cette présence :  ils ont peut-être été utilisés (et/ou sont présents dans les matériaux) depuis longtemps et restent détectables.

Les auteurs concluent en demandant aux industriels et pouvoirs publics de faire le nécessaire pour interdire l’usage de ces composés afin de pour réduire au maximum l’exposition aux PFAS .

Références : Morales-McDevitt M., Becanova J., Blum A., et al., 2021 : The Air That We Breathe: Neutral and Volatile PFAS in Indoor Air [En ligne] Environmental Science & Technology Letters
https://doi.org/10.1021/acs.estlett.1c00481

Perturbateurs endocriniens : obligation d’information dès 2022

Un décret paru le 23 août 2021 dans le Journal Officiel oblige les industriels à informer les consommateurs sur la présence de perturbateurs endocriniens dans leurs produits.

Cette obligation entrera en vigueur dès le 1er janvier 2022. Le décret indique que les produits concernés sont les denrées alimentaires, les produits biocides, les produits phytopharmaceutiques, les cosmétiques, les jouets et les dispositifs médicaux. Les médicaments sont exclus de cette liste.

Les substances incriminées comme étant perturbateurs endocriniens seront identifiées par un arrêté qui se conformera aux avis de l’Anses sur le sujet. A partir de là les producteurs auront 6 mois après la publication de cet arrêté pour fournir les informations liées à la présence de perturbateurs endocriniens de leurs produits mis sur le marché.

Le public pourra accéder à ces informations par voie numérique. Cet accès reste encore à définir mais prendra la forme d’une application ou d’une page Internet avec interface de programmation applicative. Des associations de consommateurs déplorent cet accès à l’information strictement en ligne mais l’initiative reste néanmoins inédite en Europe. De plus, dans le cadre de la loi AGEC, des solutions de pictogrammes sur les étiquetages sont actuellement toujours à l’étude, notamment pour les produits destinés aux femmes enceintes et contenant possiblement des perturbateurs endocriniens.

Le décret est consultable à cette adresse : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964950