Définition des nanomatériaux dans les cosmétiques

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) ont publié dernièrement une note d’information sur le sujet de la définition des nanomatériaux dans les cosmétiques.

Le site du Ministère de l’Economie présente la note à travers ce texte :

« L’usage des nanomatériaux dans les produits cosmétiques est possible, mais dans des conditions strictement définies afin de permettre une utilisation sûre pour la santé humaine. Elles sont fixées par un règlement européen (règlement (CE) n°1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques) qui constitue le cadre réglementaire pour les produits cosmétiques.

Dans le cadre de ce règlement, un nanomatériau est défini comme un « matériau insoluble ou bio-persistant, fabriqué intentionnellement et se caractérisant par une ou plusieurs dimensions externes, ou une structure interne, sur une échelle de 1 à 100 nm ».

L’ANSM et la DGCCRF sont chargées de la surveillance du marché des produits cosmétiques sur le territoire français. Dans ce cadre, leurs actions concertées de contrôle (enquêtes, inspections et analyses en laboratoire) ont mis en évidence la présence de nanomatériaux non autorisés dans certains produits cosmétiques contrôlés ainsi que l’absence sur l’étiquette de la mention dans la liste d’ingrédients de certains nanomatériaux autorisés (un ingrédient sous forme de nanomatériau doit être mentionné dans la liste des ingrédients par son nom suivi du terme « nano » entre crochets).

Les actions engagées par l’ANSM et la DGCCRF ont d’ores et déjà permis d’obtenir une mise en conformité à la réglementation ou le retrait du marché français de plusieurs produits par les industriels concernés, notamment des dentifrices, des produits de maquillage et des produits solaires.

Les échanges avec les parties prenantes sur la définition d’un nanomatériau ont montré la nécessité de fournir une présentation pédagogique des termes de la définition du règlement « cosmétiques » s’appuyant sur la pratique de contrôle des autorités françaises de surveillance du marché. L’ANSM et la DGCCRF publient donc une note d’information qui reflète l’état actuel de la réglementation  mise en œuvre par les autorités françaises lors de leurs contrôles. Ce document a également vocation à contribuer à une plus grande transparence sur une thématique particulièrement complexe, et à contribuer aux débats en cours au niveau européen. »

L’ensemble de la note d’information est disponible ici : https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/securite/produits_non_alim/Note-dinformation-application-definition-des-nanomateriaux.pdf

Exposition de la population française aux métaux

Santé publique France a publié début juillet des résultats provenant de l’étude ESTEBAN décrivant l’exposition aux métaux de l’échantillon de personnes observées. L’étude ESTEBAN est une étude française menée entre 2016 et 2017 sur un échantillon représentatif de la population générale de 2503 adultes et 1104 enfants âgés de 6 à 74 ans et centrée sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition.

Les prélèvements biologiques des participants ont révélés pour la quasi-totalité une présence de métaux dans l’organisme (97% pour les adultes et 100% pour les enfants). Les métaux concernés sont le cadmium, le nickel, le cuivre, le chrome, le mercure et l’arsenic. Ces substances peuvent être susceptibles de favoriser de développement de cancers, maladies chroniques et/ou auto-immunes. Les niveaux relevés en France pour les adultes et les enfants sont plus élevés par rapport à d’autres pays d’Europe ou d’Amérique du Nord sauf pour le nickel et le cuivre. Par rapport aux chiffres de l’Etude Nationale Nutrition Santé de 2006-2007, on note chez les adultes une augmentation des niveaux mesurés pour l’arsenic, le cadium et le chrome ainsi qu’une stagnation pour les niveaux de mercure et de nickel.

Des sources d’expositions ont pu être identifiées et permettent de confirmer des études et observations antérieures. Parmi ces déterminants, on peut noter la consommation de tabac (cadmium et cuivre), les implants médicaux (chrome), les plombages dentaires (mercure). Concernant l’alimentation, l’étude indique que les concentrations de métaux sont liées avec la consommation de poissons et de fruits de mer (arsenic, chrome, cadmium et mercure), céréales (cadmium), céréales et légumes issus d’agriculture biologique (cuivre).

Afin de réduire l’exposition à ces métaux, Santé publique France préconise d’intensifier la lutte contre le tabagisme et le tabagisme passif. Pour l’alimentation, l’agence recommande de diversifier les sources d’aliments, notamment pour les poissons et les produits de la mer, et se réfère aux conseils du site manger-bouger.fr .

Références : https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2021/exposition-aux-metaux-de-la-population-francaise-resultats-de-l-etude-esteban

Vers la fin de l’additif E171 dans l’Union Européenne ?

L’European Food Safety Assessment (EFSA) a donné un avis défavorable le 6 mai 2021 sur l’utilisation du dioxyde de titane (E171) en tant qu’additif alimentaire. Cet additif, utilisé dans l’industrie agro-alimentaire sous forme de poudre composée de nanoparticules, permet une opacité et fournit une coloration blanche aux produits alimentaires.

L’avis récent de l’EFSA marque une évolution par rapport au dernier avis donné en 2016. L’E171 n’est désormais plus considéré comme « sûr » par l’agence européenne. Cet avis se range avec celui émis par la France qui a suspendu depuis le 1er janvier 2020 pour deux ans l’utilisation de cet additif dans les denrées alimentaires. Cette suspension faisait suite à un avis défavorable de l’Anses en 2019 qui pointait le risque d’effets génotoxiques comme des cassures de l’ADN et des dommages chromosomiques. Des effets promoteurs potentiels de cancérogenèse chez le rat avaient également été mis en évidence par l’INRAE en 2017, sans que ce risque soit confirmé ou infirmé par d’autres études depuis.

Le caractère génotoxique est donc la principale raison pour l’EFSA de préconiser l’abandon de l’E171 en tant qu’additif alimentaire. Le rôle de cet additif étant purement esthétique et sans intérêt que ce soit nutritionnel ou pour la conservation de l’aliment,  les acteurs de l’agro-alimentaire « arriveront très bien à s’en passer » selon le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC). Pour toutes ces raisons, la Commission européenne a proposé le 18 mai 2021 aux Etats membres de l’Union Européenne l’interdiction de l’E171 dans les aliments.

Les associations de consommateurs souhaitent désormais que les instances européennes se penchent également sur l’utilisation du dioxyde de titane comme excipient ou comme colorant dans d’autres produits comme les médicaments, les cosmétiques ou encore le dentifrice.

L’avis de l’European Food Safety Assessment est disponible ici : https://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/6585

La dernière actualité de l’Anses sur le dioxyde de titane : https://www.anses.fr/fr/content/dioxyde-de-titane-point-sur-l%E2%80%99actualisation-de-l%E2%80%99%C3%A9valuation-de-l%E2%80%99efsa-pour-l%E2%80%99additif

Et l’étude de l’INRAE de 2017 : https://www.inrae.fr/actualites/additif-alimentaire-E171

Bisphénol B : l’Anses propose une identification de la substance au niveau européen

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a délivré un avis en décembre 2020 portant sur le bisphénol B. Le bisphénol B est une substance utilisée aujourd’hui dans des pays hors Union Européenne comme additif pour des revêtements et emballages alimentaires en substitution du bisphénol A. Cependant, bien que non-utilisée ou fabriquée en Europe, des traces de cette substance sont observées chez des populations européennes.

L’avis délivré va dans le même sens que l’alerte donnée par l’agence en 2019 sur la nocivité du bisphénol B et sur ses propriétés de perturbations endocriniennes qui sont similaires voire légèrement supérieures à celles du bisphénol A. L’effet perturbateur endocrinien a été observé chez des rongeurs et rapporté in vitro sur des récepteurs humains. Il se caractérise par une augmentation de la production d’œstrogènes (hormones femelles) et par la réduction de la production quotidienne de spermatozoïdes. L’effet sur l’environnement est également préoccupant car la substance affecte différents groupes comme les poissons en altérant notamment leur reproduction.

L’Anses demande de faire identifier le bisphénol B en tant que substance extrêmement préoccupante (SVHC) afin d’être répertorié par le règlement REACh qui enregistre, évalue et autorise les substances chimiques au sein de l’Union Européenne. Cette classification permettra d’empêcher l’utilisation de cette substance au sein de l’Union Européenne et obligera les importateurs de produits en contenant de déclarer sa présence. Un dossier d’identification est actuellement en consultation publique sur le site de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Références : https://www.anses.fr/fr/content/le-bisph%C3%A9nol-b-un-perturbateur-endocrinien-pour-l%E2%80%99homme-et-l%E2%80%99environnement

Exposition aux polluants domestiques : nouveaux résultats du programme Esteban

De nouveaux résultats du programme Esteban (étude nationale menée de 2014 à 2016 sur un échantillon de 1104 enfants âgés de 6 à 17 ans et de 2503 adultes âgés de 18 à 74 ans), ont été récemment publiés dans Environment International.

 Les données d’imprégnation recueillies ont permis de mettre en évidence six familles de substances chimiques à travers les biomarqueurs retenus pour l’étude (bisphénols (A, S et F), phtalates, retardateurs de flammes, perfluorocarbures, parabènes et les éthers de glycol). Les auteurs ont également mis en évidence certains mécanismes d’exposition.  Parmi les produits les plus fréquemment observés, les bisphénols A, S et F ont été retrouvés dans quasiment tous les échantillons testés, avec une concentration plus importante pour le bisphénol A ; des métabolites de phtalates ont été observées dans 80 à 99% des échantillons.

Les auteurs de l’étude précisent que les concentrations et les déterminants observés, pour les 6 familles de produits, confirment ceux d’autres études européennes et américaines sur le même sujet. Ils précisent cependant qu’en comparaison d’études antérieures, l’alimentation tout en restant importante n’est pas l’unique source d’exposition et que le tabac, les produits de maquillage et de beauté, le temps passé en voiture ou la présence de VMC dans les logements sont des facteurs qui modulent beaucoup les concentrations.

Références : Fillol C., Oleko A., Saoudi A., et al., 2021 : Exposure of the French population to bisphenols, phthalates, parabens, glycol ethers, brominated flame retardants, and perfluorinated compounds in 2014–2016: Results from the Esteban study [En ligne] Environment International, vol.147

https://doi.org/10.1016/j.envint.2020.106340

Présence de microplastiques dans des placentas de femmes enceintes

Des chercheurs italiens ont mis en évidence la présence de microplastiques dans des placentas de femmes enceintes. Sur les six placentas étudiés, quatre possédaient des traces de microplastiques d’une taille comprise entre 5 et 10 micromètres. Ces particules ont été retrouvées via une technique de microspectroscopie dans les parties maternelles, fœtales et dans la membrane amniochoriale de l’organe.

L’étude, parue dans la revue Environment International, est la première démontrant la présence de telles particules dans le placenta de femmes enceintes. Les effets sur la santé de la présence de ces particules sont encore mal connus mais une influence sur la croissance du fœtus et un risque de perturbation endocrinienne ne sont pas à exclure. Les particules retrouvées étant de différentes couleurs, les chercheurs indiquent que ces polluants peuvent provenir de sources variées : peintures, adhésifs, emballages ou encore cosmétiques.

De nouvelles études sur le sujet sont souhaitées afin de confirmer la découverte. De même, la taille de ces microplastiques permet en théorie une circulation dans le sang et de nouveaux travaux sont nécessaires pour pouvoir affirmer si ces particules se déplacent du placenta vers le fœtus.

Références : Ragusa A., Svelato A., Santacroce ., et al., 2021 : Plasticenta: First evidence of microplastics in human placenta [En ligne] Environmental International, vol.146
https://doi.org/10.1016/j.envint.2020.106274

26 novembre 2020: Webinaire FHU « 1000 jours pour la santé »

La journée « 1000 jours pour la santé » du Projet Fédératif Hospitalo Universitaire – FHU est organisée cette année le 26 novembre 2020 de 13 à 18 heures, sous forme de Webinaire.

Comme les années précédentes, elle est gratuite et ouverte à tous: professionnels et grand public.

Pour y assister, il suffit de se connecter à la plateforme via ce lien:  www.devenirparentsen2020-live.fr

 

Pour plus d’informations sur le Projet Fédératif Hospitalo Universitaire, cliquez ici

Liens entre pollution de l’air et anomalies congénitales

Les anomalies congénitales sont des défauts structurels ou fonctionnels du corps et sont des causes de mortalité prématurée et néonatale, de morbidité chronique et d’incapacité de l’enfant. Ces anomalies peuvent être d’origine génétique, infectieuse ou environnementale mais ces causes restent encore difficiles à déterminer.

Cette étude s’intéresse au possible lien entre exposition à la pollution atmosphérique durant la grossesse et risque de développement d’anomalies congénitales chez l’enfant. La méthode utilisée est celle d’une revue systématique de 26 études épidémiologiques sur le sujet. Une méta-analyse est ensuite effectuée à chaque fois qu’un polluant est associé à un certain type d’anomalie dans trois études au minimum.

Cette méthodologie a permis de dégager trois associations significatives :
– Les malformations cardiaques et l’exposition au dioxyde d’azote (NO2), provenant essentiellement de la combustion d’énergies fossiles.
– Les problèmes oro-faciaux et l’exposition au dioxyde de soufre (SO2).
– Les complications cardiaques, dans une moindre mesure la malformation des membres, avec l’exposition aux particules fines (PM2,5 et PM10).

Ces conclusions soulignent ainsi l’influence des polluants atmosphériques sur la santé et notamment le rôle possible sur des malformations du nouveau-né. Les chercheurs appellent à continuer les travaux sur ce sujet afin de mieux caractériser les types d’expositions aux polluants et de mieux appréhender les facteurs de confusion.

Références : Ravindra K., Chanana N., Mor S., 2020 : Exposure to Air Pollutants and Risk of Congenital Anomalies: A Systematic Review and Metaanalysis. [En ligne] Science of The Total Environment
Accessible (en accès payant) : https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.142772

Exposition au bisphénol A et asthme infantile

Dans les modèles animaux, le bisphénol A (BPA) est responsable d’induction d’inflammation bronchique et asthme. L’étude a eu pour objectif de savoir si cette relation se confirme dans l’espèce humaine.

L’étude a inclus 148 enfants asthmatiques âgés de 5 à 17 ans, issus de familles de bas niveau socio-économique (seules 14% des familles avaient une assurance médicale privée) dans la ville de Baltimore aux Etats-Unis. Ces enfants souffrent d’un asthme mal contrôlé (passage aux urgences dans l’année précédente chez 81% des enfants) malgré la prise d’un traitement de fond chez 71% des enfants. L’exposition aux perturbateurs endocriniens était évaluée par la mesure des concentrations urinaires de BPA, bisphénol S (BPS) et bisphénol F (BPF), tous les 3 mois durant une année. En parallèle étaient monitorés les symptômes respiratoires diurnes et nocturnes, leur impact sur la qualité de vie et le recours éventuel à une consultation médicale non programmée, un passage aux urgences ou une hospitalisation pour asthme. Lors de chaque visite trimestrielle, une spirométrie et une mesure du monoxyde d’azote dans l’air expiré, traceur de l’inflammation bronchique, étaient réalisées.

L’analyse des données a mis en évidence une association entre des taux urinaires de BPA et la morbidité asthmatique : augmentation du risque de symptômes d’asthme : odds ratio : 1,40 (1,02-1,92), des consultations médicales non programmées : odds-ratio : 1,84 (1,1-3,0) ou du risque de passage aux urgences pour asthme : odds-ratio : 2,12 (1,28-3,51) pour une multiplication par un facteur 10 du taux urinaire de BPA. Par ailleurs, l’association avec ces trois conséquences ne concernait que les garçons et uniquement le BPA et non BPS ou BPF.

Les auteurs concluent qu’étant donnée la prévalence élevée à la fois de l’exposition au BPA et de l’asthme dans cette population infantile, ces résultats appellent des études complémentaires.

Références : Quirós-Alcalá L., Hansel N. N., McCormarck M., et al. 2020 : Exposure to bisphenols and asthma morbidity among low-income urban children with asthma [En ligne] Journal of Allergy and Clinical Immunology
https://doi.org/10.1016/j.jaci.2020.05.031

L’Anses propose un outil pour hiérarchiser les risques chimiques et biologiques liés à l’alimentation

Depuis la production à la consommation, les produits alimentaires peuvent être contaminés par des agents biologiques ou chimiques. L’Anses a développé un outil d’aide à la décision pour hiérarchiser les risques sanitaires associés à ces contaminants.

L’Anses a d’abord identifié 35 agents biologiques et 11 familles d’agents chimiques susceptibles de contaminer les aliments ainsi que plusieurs milliers de couples aliment-danger jugés pertinents. Elle a ensuite défini des critères de hiérarchisation, en fonction de la probabilité de survenue du risque et de la sévérité des effets sanitaires. Dans une dernière étape, l’Anses a collecté les données disponibles et a renseigné et agrégé les critères au sein de l’outil mis au point.

Cet outil a été testé sur plusieurs contaminants et couples aliment-contaminant, ce qui a permis de montrer son potentiel. En complément, l’Anses conseille la création et la mise à jour d’une base de données pérenne, le déploiement de l’outil grâce à des partenariats nationaux et internationaux, l’application de la méthodologie à l’ensemble des dangers et des couples aliment-danger, l’accompagnement des gestionnaires de risques et l’étude des dangers émergents.

Consultez le communiqué de l’Anses sur https://www.anses.fr/fr/content/s%C3%A9curit%C3%A9-sanitaire-des-aliments-l%E2%80%99anses-propose-un-outil-pour-hi%C3%A9rarchiser-les-dangers