Moins de substances chimiques dans les couches pour bébé

En janvier 2019, l’Anses a publié un avis sur la sécurité de la composition des couches pour bébé. Cet avis dénonçait la présence de substances controversées, parmi lesquelles des polychlorobiphényles, des dioxines ou encore des furanes. Suite à l’avis de l’Anses, les industriels s’étaient engagés en février 2019 à travailler à l’amélioration de la composition des couches. 

Afin d’évaluer les progrès faits, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a mené une enquête qui s’est achevée début 2020. L’enquête a permis de constater des améliorations concrètes au niveau de la composition de ces produits. Notamment, il n’y a plus de dépassement des seuils sanitaires liés à l’exposition aux couches pour les différentes substances controversées ciblées par l’avis de l’Anses. La DGCCRF a d’autre? constaté le respect de l’engagement des industriels à afficher clairement la composition des couches pour bébés de manière dématéralisée.

Consultez le communiqué de presse : https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/presse/communique/2020/cp-substances-chimiques-dans-couches-bb.pdf

Biosurveillance de la présence de substances perfluoroalkylées (PFAS) dans le lait maternel en République Tchèque

Les substances perfluoroalkylées (PFAS) sont des polluants chimiques persistants et bioaccumulables. Ils sont classés perturbateurs endocriniens, mais on les suspecte d’autres effets sanitaires néfastes (par exemple d’être cancérogènes). Dans cette étude, des chercheurs ont analysé des échantillons de lait maternel collectés en 2006, 2011, 2014 et 2017 pour en analyser les concentrations en sulfonate de perfluorooctane (PFOS), en acide perfluorooctanoïque (PFOA) et en acide perfluorononanoïque (PFNA), trois PFAS.

Les chercheurs ont détecté du PFOS et du PFOA dans plus de 90% des échantillons analysés. Les concentrations de PFOA étaient significativement supérieures à celles de PFOS. Les concentrations de ces deux substances dans les échantillons de lait maternel ont diminué, ce qui peut être attribué aux restrictions mises en place ces dernières années. Cependant, les concentrations observées restent susceptibles d’effets sanitaires néfastes chez l’enfant si l’on considère les recommandations de 2018 de l’European Food Safety Agency . Ces substances restent donc très présentes, et l’étude témoigne de la nécessité de poursuivre les efforts européens pour réduire l’usage du PFOS et du PFOA et renforcer la surveillance des principales voies d’exposition.

Références : Černá M., Grafnetterová A. P., Dvořáková, D., 2020 : Biomonitoring of PFOA, PFOS and PFNA in human milk from Czech Republic, time trends and estimation of infant’s daily intake. [En ligne]. Environmental Research, vol. 188, 9 p. Disponible en accès payant sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935120306563?via%3Dihub

Exposition par l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants aux résidus de pesticides : quels risques sanitaires ?

Les auteurs ont étudié l’exposition chronique aux pesticides par l’alimentation d’enfants français âgés de moins de 3 ans. 516 pesticides et leurs métabolites ont été analysés dans 309 échantillons d’aliments, comprenant des échantillons de nourriture pour bébé et des échantillons d’aliments classiques. A partir de ces analyses, les auteurs ont pu estimer l’exposition chronique des enfants à ces pesticides par l’alimentation selon deux scénarios, et déterminer en conséquence les risques sanitaires associés.

67% des échantillons présentaient des résidus de pesticides, soit 27% des échantillons d’aliments pour bébé et 60% des échantillons d’aliments classiques. Pour 278 pesticides, les concentrations restaient toujours en dessous des valeurs toxicologiques de référence. Cependant, des analyses plus précises seraient à mener pour une partie des pesticides étudiés. D’autre part, l’absence de valeurs toxicologiques de référence pour certains pesticides gêne l’estimation précise du risque sanitaire. De plus, l’EFSA recommande désormais que l’exposition des très jeunes enfants à certains résidus de pesticides par l’alimentation soit inférieure aux concentrations maximales admises dans les aliments à destination des nourrissons et jeunes enfants.

Références : Nougadere A., Sirot V., Cravedi J. P. et al., 2020 : Dietary exposure to pesticide residues and associated health risks in infants and young children – Results of the French infant total diet study. [En ligne]. Environment International, vol. 137, 12p. Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.envint.2020.105529

Recommandations de l’Anses vis-à-vis des nanomatériaux dans l’alimentation

La présence de nanomatériaux dans les produits alimentaires s’est considérablement renforcée depuis une vingtaine d’années. En conséquence, les travaux et réflexions sur leurs risques mais aussi sur la réglementation de leur emploi se sont développés et multipliés. L’Anses synthétise ici les résultats de ses propres travaux sur les nanomatériaux. Notamment, elle fait le point sur les connaissances à propos de leurs usages et fournit ses propres recommandations pour l’évaluation de leurs risques sanitaires. Elle suggère entre autres de développer l’exhaustivité des données disponibles et de travailler sur une méthodologie d’évaluation appropriée aux nanomatériaux.

Consultez l’article de l’Anses sur https://www.anses.fr/fr/content/nanomat%C3%A9riaux-dans-l%E2%80%99alimentation-les-recommandations-de-l%E2%80%99anses-pour-am%C3%A9liorer-leur. Plus plus d’informations sur les recommandations de l’Anses vis-à-vis des nanomatériaux, vous pouvez également consulter le rapport complet sur https://www.anses.fr/fr/system/files/ERCA2016SA0226Ra.pdf

Réduire chez soi son exposition aux ondes électromagnétiques

Cette brochure de la DREAL Nouvelle Aquitaine présente les différentes sources d’ondes électromagnétiques au quotidien :
-les téléphones mobiles
-les appareils de communication pour naviguer sur Internet
-les équipements électroménagers
-les objets radioélectriques destinés aux enfants
Pour chacune de ces catégories, la DREAL donne des conseils pour bien choisir les dispositifs et objets en fonction de leurs risques d’émissions d’ondes électromagnétiques, et dresse également une liste de bonnes pratiques à adopter pour réduire l’exposition. La brochure oriente également vers plusieurs sites de référence pour mieux s’informer à propos des ondes électromagnétiques.

Consultez la brochure de la DREAL sur http://www.nouvelle-aquitaine.prse.fr/IMG/pdf/fiche-electro-prse-hdweb.pdf

Génotoxicité et risque de cancer liés au tabagisme dit de « troisième main »

Le tabagisme dit de « troisième main », c’est-à-dire l’exposition aux résidus de fumée subsistant dans l’environnement après la consommation de tabac, est une problématique de santé publique méconnue et sous-estimée. Le tabagisme passif est aujourd’hui bien documenté et son influence sur la survenue de maladies comme le cancer du poumon a été clairement démontrée. Le tabagisme de « troisième main », en revanche, ne fait l’objet d’une attention particulière que depuis peu. Ses liens avec le cancer ou d’autres maladies chroniques sont méconnus, faute d’études suffisantes à ce propos. Pourtant, des preuves témoignent de la forte présence des résidus de fumée dans les environnements intérieurs. Il est donc important de déterminer les risques associés.

Cet article scientifique synthétise les études existantes sur les risques liés au tabagisme de «  troisième main », qui mettent notamment en avant la génotoxicité et le caractère cancérigène des résidus de tabac subsistant dans l’environnement. L’article illustre ainsi l’avancée des recherches sur ce sujet. Les chercheurs précisent que les études actuelles comportent des limites. Notamment, les personnes sujettes au tabagisme de « troisième main » sont généralement aussi exposées au tabagisme passif et à de nombreux autres polluants environnementaux. Il est donc pour l’heure difficile de déterminer exactement les influences spécifiques du tabagisme de « troisième main » sur la santé, et d’autres études sont ainsi à mener sur ce sujet.

 

Références : Hang B., Wang P., Zhao Y. et al, 2019 : Thirdhand smoke: Genotoxicity and carcinogenic potential. [En ligne] Chronic Diseases and Translational Medicine, 8 p. Disponible en libre-accès sur https://doi.org/10.1016/j.cdtm.2019.08.002

Prendre soin de ma santé : ça commence chez moi !

L’Union Régionale des Professionnels de Santé-Médecins Libéraux (URPS) Nouvelle Aquitaine a conçu, dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement Nouvelle Aquitaine et avec le soutien de la région ainsi que de l’ARS locale, une brochure destinée à être rediffusée par les médecins à leurs patients. Ce document fournit un ensemble de bonnes pratiques sur trois thématiques :
-favoriser un air de bonne qualité au sein de son domicile
-limiter les risques en lien avec les aliments, l’eau et les récipients alimentaires
-limiter les risques liés aux objets du quotidien
La brochure comprend aussi une liste de ressources de référence à consulter en complément.

Consultez-la sur https://www.urpsml-na.org/uploads/images/1581944634_dep_3vol_prse_pap_na_web.pdf

Appel à une restriction des PFAS dans le cadre du règlement REACH

Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), une famille comprenant plus de 4000 substances chimiques, sont très largement utilisées dans l’industrie, et ce dans de nombreux produits. L’être humain peut être exposé aux PFAS par divers biais, dont l’alimentation, l’eau ou encore les objets.

Ces substances présentent non seulement des risques environnementaux mais également des risques sanitaires. Plusieurs PFAS sont ainsi reconnus comme étant reprotoxiques, susceptibles d’affecter le développement du fœtus ou encore cancérogènes. D’autres sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. De plus, leur dégradation est très lente : ces substances persistent ainsi très longtemps dans l’environnement mais aussi dans l’organisme.

Dans ce contexte, les autorités allemandes, néerlandaises, norvégiennes, suédoises et danoises appellent à une restriction de leur usage via le réglement REACh. Une consultation publique a été lancée pour recueillir en priorité les témoignages des entreprises qui fabriquent, utilisent ou vendent des produits contenant des PFAS. La participation des scientifiques et des ONG est également vivement encouragée afin de recueillir des données objectives.

Les informations collectées grâce à la consultation publique seront utilisées pour préparer la proposition de restriction de l’usage des PFAS. Celle-ci sera soumise à l’European Chemicals Agency (ECHA), l’organisme responsable du réglement REACh.

Plus d’informations sur https://echa.europa.eu/fr/-/five-european-states-call-for-evidence-on-broad-pfas-restriction

Fiche pratique « L’étiquetage de vos produits cosmétiques », par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)

La DGCCRF rappelle en premier lieu que les mentions figurant sur l’étiquette des produits sont définies par la réglementation européenne relative aux produits cosmétiques (Règlement (CE) n° 1223/2009 du 30 novembre 2009), et énumère les informations qui doivent obligatoirement être précisées :
-un contact (nom et adresse) pour signaler tout problème ou effet indésirable lié au produit
-le pays de fabrication (si hors UE)
-le poids/le volume
-les précautions d’emploi
-une ou plusieurs dates (date limite d’utilisation, durée de conservation post ouverture…). La DGCCRF rappelle les symboles de ces différentes dates.

La DGCCRF rappelle ensuite les obligations concernant l’ordre d’affichage et la dénomination des ingrédients, et donne plusieurs explications utiles pour une bonne lecture des étiquettes. Notamment, elle définit et explique les notions qui peuvent être présentes sur les étiquettes.

La fiche pratique revient finalement sur la notion d’allégation. En tant que consommateur, il est possible de rencontrer des allégations mensongères, qui laissent supposer une meilleure qualité des produits alors qu’elles relèvent en réalité uniquement d’une obligation légale. Par exemple, certains fabricants européens mentionnent sur les étiquettes que le produit n’a pas été testé sur les animaux, alors que cela est simplement interdit pour les produits européens. D’autres mettent en avant que le produit ne contient pas une substance qui est en réalité interdite par la réglementation.

La DGCCRF présente également plusieurs allégations trompeuses, comme « sans perturbateur endocrinien » alors que pour l’heure toutes les substances de ce type n’ont pas encore été définies. La DGCCRF cite pour finir plusieurs allégations autorisées, tout en rappelant que seule la liste des ingrédients peut véritablement attester de la qualité ou de la sûreté du produit.

Consultez et téléchargez la fiche pratique sur https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/letiquetage-de-vos-produits-cosmetiques 

Analyse et comparaison des concentrations en phénols durant la grossesse et durant la première année de vie de l’enfant

La présence de parabènes, de bisphénol A et de triclosan est aujourd’hui très réglementée, en Europe dont la  France. Cependant, depuis que ces restrictions d’usage ont été mises en place, les données de biosurveillance sont très peu nombreuses en France. Il est ainsi difficile d’estimer l’exposition des personnes, et notamment des individus plus fragiles comme les enfants, ce qui pourtant permettrait la mise en place d’actions de prévention adaptées.

Dans ce contexte, les auteurs de cette étude ont étudié la présence de phénols dans l’organisme de 479 femmes enceintes et 150 de leurs enfants. Tous les participants appartenaient à la cohorte française SEPAGES. Afin de réaliser leur étude, les chercheurs ont analysé des échantillons d’urine des participants à plusieurs stades. Chez les femmes enceintes, des échantillons ont été prélevés au cours du premier et du troisième trimestres de grossesse. Pour les nourrissons, les échantillons ont été prélevés à 2 et à 12 mois. Les chercheurs ont ensuite comparé les concentrations de plusieurs phénols entre les échantillons d’urine de la mère et de l’enfant. L’objectif était d’évaluer la corrélation entre l’exposition de la mère et celle de l’enfant au fil du temps.

Bien que les concentrations moyennes détectées soient par comparaison plus faibles que celles observées précédemment dans le cadre de la cohorte EDEN, plusieurs polluants chimiques ont été très fréquemment détectés dans les échantillons. Ainsi, en moyenne, 90% des échantillons contenaient du bisphénol A, de l’éthylparabène, du méthylparabène, du benzophénone-3 et du triclosan. En revanche, la présence de bisphénol AF, B et BF n’a été détectée que dans moins de 5% des échantillons.

Les auteurs ont d’autre part constaté que les concentrations en bisphénol A, bisphénol S, méthylparabène, éthylparabène et propylparabène chez l’enfant de 12 mois équivalaient, voire même dépassaient, celles présentes dans l’organisme de la mère durant la grossesse. Les auteurs soulignent qu’ils n’ont pas observé de corrélation significative entre les concentrations chez la mère et celles chez l’enfant : il semble donc toujours y avoir une forte exposition des enfants à ces polluants malgré les restrictions d’usage, qui entraîne une bioaccumulation progressive.

De plus, les chercheurs ont constaté que si les concentrations de la plupart des phénols étudiés diminuaient avec le temps chez les femmes enceintes, cela n’était pas le cas pour le benzophénone-3 et le bisphénol S. Ces deux polluants semblent donc particulièrement persister. La biopersistance du bisphénol S a d’ailleurs été mise en avant l’année dernière par une étude de l’European Chemicals Agency (EHA). De plus, les chercheurs n’ont pas observé de baisse des concentrations de phénols au fil du temps chez les enfants.

Les auteurs ont pu distinguer des corrélations entre le niveau d’étude des femmes et les concentrations de plusieurs phénols. Notamment, un plus faible niveau d’étude semble associé à de plus fortes concentrations de triclosan, d’éthylparabène et de propylparabène1. Il faut cependant noter que cette association n’a pas été observée pour les autres phénols. Ainsi, les auteurs n’ont pas pu déterminer de corrélation significative entre le niveau d’étude et les concentrations de bisphénol A ou S chez la femme.

En conclusion, cette étude permet de constater que malgré les restrictions d’usage mises en place, la présence de phénols dans l’organisme des participants reste très forte, que ce soit chez les femmes ou chez les enfants. Les concentrations élevées de ces polluants observées chez les enfants à 12 mois souligne qu’il faut s’intéresser davantage à leur biopersistance ainsi qu’à leur bioaccumulation au fil du temps.


Références : Rolland M., Lyon-Caen S., Sakhi A. K. et al, 2020 : Exposure to phenols during pregnancy and the first year of life in a new type of couple-child cohort relying on repeated urine biospecimens. [En ligne]. Environment International, vol. 139. Disponible en libre-accès sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412019340681?via%3Dihub.


1. Les corrélations entre le niveau d’étude et les concentrations de phénols dans l’organisme peuvent être expliquées par des habitudes de consommation différentes. Une enquête récemment menée par l’ARS Nouvelle Aquitaine illustre ce point. Celle-ci avait effectivement permis de constater que les femmes les moins diplômées avaient moins tendance à recourir à des produits labellisés. Vous pouvez consulter le résumé de cette enquête sur http://www.projetfees.fr/enquete-sante-environnement-interieur-comportements-et-risques-dexposition-aux-polluants-interieurs-ars-nouvelle-aquitaine/